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Retraites : sans la grève, nous serions passé·es à la retraite à points

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Le 13 décembre, Ferrand dirigeant LREM de la majorité parlementaire, déclarait : « la réforme des retraites « ferait une excellente première réforme d’un deuxième quinquennat ». La déclaration semble anodine : mais le résultat est là : le gouvernement recule à mettre en place la réforme de la retraite par point. Macron, Borne, leur réforme est désavouée. Le résultat, c’est la victoire de notre camp social.

Les militant·es de l’UCL ont été particulièrement investi·es dans la préparation de la grève reconductible et la mobilisation, sur les lieux de travail, dans les AG, sur les piquets : RATP, SNCF, Éducation...

La RATP avait donné le feu vert de la lutte le 13 septembre 2019 par une grève majoritaire dans la régie puis les syndicats unis avaient annoncé une grève reconductible à partir du 5 décembre. Les agent-es ont fait le choix de la lutte des classes plutôt que du corporatisme : le but était bien d’emmener tous les secteurs professionnels dans la grève générale contre le gouvernement et sa réforme en se donnant le temps de la préparer. Certains secteurs ont réalisé un mois et demi de grève reconductible majoritaire, y compris pendant les fêtes de fin d’année. Des milliers de travailleuses et de travailleurs ont sacrifié leur salaire pour engager le bras de fer.

Le pays a été bloqué pendant de longues semaines, en particulier l’Ile-de-France grâce aux salarié-es de la RATP. L’économie des transports était bloquée par la grève et par ricochet l’ensemble de la circulation des biens et des personnes était à l’arrêt. Dans toutes les villes, des manifestations massives ont lieu, avec des chiffres que l’on avait plus vu depuis longtemps ! Le mouvement était largement soutenu par la population : les 3/4 des Française-es rejetaient la réforme. Mais peu de secteurs ont embrayé sur la grève. Alors il a fallu reprendre le boulot, mais sans arrêt du mouvement : des dates de mobilisation fortes ont encore eu lieu.

Mais très vite, l’épidémie de Covid-19 est arrivée, et avec elle le confinement. Une des premières mesures, annoncée par Macron, a été de « repousser » la réforme des retraites. On voit aujourd’hui qu’à force de la repousser, ils l’ont abandonnée. Pourtant, il n’y a pas eu de trêve, des lois liberticides et anti-sociales continuent de passer. C’est ce qui prouve que, sans la grève de décembre-janvier, le pouvoir aurait maintenu son calendrier pour faire passer la réforme des retraites, Covid ou pas.


Cortège des grévistes de la Ville de Paris, décembre 2019
cc Daniel Maunoury

En réalité, le rapport de force qui a été imposé par les travailleuses et les travailleurs pendant ce mouvement social existe toujours. C’est grâce à ce rapport de force, c’est grâce à la mobilisation de notre camp social, que l’actuel gouvernement a mis de côté sa réforme (pour l’instant... car il ne faut pas négliger la volonté du patronat de toujours revenir à la charge).

C’est une des plus grandes réussites pour le mouvement ouvrier depuis 25 ans. Elle doit nous permettre de nous rendre compte de notre force collective, de la force de la grève. Nous avons fait reculer un gouvernement acquis au patronat, avec quelques dizaines de milliers de grévistes et le soutien de la population. Quelle force serait la nôtre si toute cette population qui soutient entrerait ,elle aussi, dans l’action, dans la grève ! C’est cela notre objectif, la grève générale, pour imposer une société sans classe ni Etat

Pour y parvenir, les militant·es de l’UCL continueront de développer leurs syndicats pour qu’ils soient puissants et capables de lancer la grève reconductible comme dans le secteur des transports et surtout pour s’implanter dans toutes les entreprises qui sont aujourd’hui des déserts syndicaux.

 
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