Licenciements : Le pouvoir de dire non

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Ni loi d’interdiction des licenciements ni veto suspensif, le pouvoir des travailleurs et travailleuses dans l’entreprise doit être le cœur de l’opposition aux licenciements collectifs.

Comment remettre en cause les licenciements collectifs ? Sur cette question cruciale, et alors que la « crise » capitaliste promet la destruction de dizaine de milliers d’emplois, Alternative libertaire porte la revendication d’un droit de veto des travailleurs et des travailleuses sur les licenciements collectifs.

Dans la période, cette revendication est préférable à celle d’une « loi d’interdiction sur les licenciements », objectif légaliste bien improbable qui ne pose pas une question fondamentale : celle du pouvoir des travailleurs et travailleuses et de leur opposition à l’absolutisme patronal. Le droit de veto peut au contraire être aujourd’hui cette revendication qui porte la question de la capacité politique des productrices et des producteurs, seuls habilités à décider de leur avenir et, en l’occurrence, à refuser leurs licenciements.

Délégitimer l’arbitraire patronal

Le droit de veto est ainsi fondamentalement entendu comme une revendication de classe. Il s’agit bien de mettre en cause la légitimité patronale, de poser la question du pouvoir dans les entreprises. Qui décide ? La réponse des révolutionnaires doit être décomplexée : le pouvoir, tout le pouvoir, doit revenir aux travailleurs et aux travailleuses.

Cette revendication du droit de veto se distingue également de la revendication portée par la CGT d’un « droit de veto suspensif des comités d’entreprise » sur les licenciements. Pourquoi suspensif ? Pourquoi dévolu aux comités d’entreprises ? Nous allons plus loin. C’est aux premiers concernés de décider directement : pas d’intermédiaires hiérarchiques, pas de délégation. Non !, là encore la démocratie par et pour les travailleurs et les travailleuses est la priorité.

Car cette revendication est bien celle d’obtenir un droit nouveau pour les salarié-e-s. Une revendication n’est, en soi, ni « réformiste » ni « révolutionnaire ». Sa valeur tient surtout à sa capacité mobilisatrice. Contre les licenciements, le droit de veto des travailleurs et des travailleuses peut représenter une idée-force, fédératrice et porteuse d’imaginaire, positive pour le mouvement social.

Une idée porteuse d’imaginaire

Promouvoir cette idée, enfoncer ce coin dans l’absolutisme patronal, c’est avancer sur le terrain de la transformation sociale, c’est être sur la logique de « vivre demain dans nos luttes d’aujourd’hui ».

Cette revendication, il faut l’intégrer à un axe stratégique cohérent : refuser les licenciements – occuper les entreprises – les réquisitionner et/ou les autogérer. A partir de là et autour de cette revendication, il s’agit de construire un front du refus des licenciements, s’appuyant sur une mobilisation massive. Dans ce cadre la question de la « légalisation » du droit de veto est secondaire, dépendante du rapport de force construit dans la lutte. L’obtention du droit de veto, comme droit nouveau, n’étant que le résultat à un moment donné du bras de fer permanent entre le camp du travail et celui du capital, comme toutes les revendications portées par les travailleurs et les travailleuses et obtenues par le passé.

Théo Rival (AL Vendôme)

 
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