Culture

Lire : Revue « Les Utopiques » : la Commune de Paris : mémoires, horizons

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Les Utopiques est une revue syndicale éditée par Solidaires. Les écrits qui la composent sont le fait de militantes et militants. Et voilà que le numéro 16, paru en mars dernier, revient sur... la Commune !

Ce cahier de réflexions de la revue Les Utopiques, consacré à la Commune de Paris est tout sauf un cahier. C’est une somme  ; une somme de réflexions, de regards croisés, féminins et masculins, sur ce que fut la Commune de Paris et sur les questionnements qui furent siens et traversent nos histoires.

Faire vivre la Commune ou plutôt les Communes… En retirer toute la richesse et tous les errements, sans devenir des donneurs de leçons aux propos péremptoires  ; éviter la guerre des mémoires, le piège des accapareurs mémoriels. «  La mémoire de la Commune a besoin que s’exprime, aujourd’hui encore, la diversité de ses lectures, que l’on mette en évidence la multiplicité des possibles que l’acte inaugural permettait d’ouvrir.  » (Roger Martelli)

Un panorama très complet

La mémoire de la Commune n’est pas œuvre légendaire de grands personnages, de militantes et militants exceptionnel·les. La mémoire de la Commune  ; cette terminologie est inappropriée... Dire «  les mémoires  », au pluriel, semble plus adéquat. Mémoires de ce peuple, loin des clichés militants, de ces ouvrières et ouvriers qui tissèrent ces histoires, ces rencontres. Mémoires d’un foisonnement d’institutions, de groupements divers qui traversèrent ce Paris d’alors... Mémoires de vies .

C’est ce pari qu’ont souhaité relever Les Utopiques. De très nombreux thèmes sont abordés  : les services publics, le travail des femmes, sans oublier les femmes elles-mêmes, l’œuvre scolaire, la laïcité, la question militaire, le colonialisme mais aussi les Communes de Lyon, de Nîmes, de Marseille. On se plonge aussi dans des questions comme celle de la minorité et de la majorité dans la Commune, ou encore celle récurrente de la Banque de France. On y trouvera également une chronologie de ces soixante-douze jours si foisonnants de vies, de rêves, de réalités et de souffrances.

Mais la Commune n’est pas qu’œuvre française, elle se voulait cosmopolite et son retentissement dépassa, et dépasse encore, les frontières de l’Hexagone. Le pouvoir de l’époque ne s’y trompa pas comme on le voit en parcourant les brûlots de l’époque, les infâmies caricaturales ou les écrits des écrivaines et écrivains les plus encensé·es de l’époque.

Comme pour contrebalancer, Les Utopiques nous offrent une iconographie de qualité et un regard porteur d’espoir à travers la chanson, la bande dessinée et une couverture digne des communeux et communeuses. Allez, on termine par le classique  : la Commune n’est pas morte  ! Merci de la faire vivre encore.

Dominique Sureau (UCL Angers)

  • Les Utopiques, coédition Syllepses et Solidaires, mars 2021, 312 pages et un CD, 12 euros.
 
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