Antifascisme

Montpellier : Les exactions de l’extrême droite bénéficient du laisser-faire de la préfecture

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Depuis le début du déconfinement les passages à l’actes des divers groupuscules d’extrême-droite se sont multipliés sur l’ensemble du territoire. À Montpellier en particulier, les fafs se sont soudainement sentis pousser des ailes. Loin d’être seulement une poussée éruptive faisant suite à quelques semaines d’enfermement, ces actes sont avant tout la conséquence de la mansuétude du pouvoir en place.

En macronie, une ligne politique semble se généraliser : répression dure des mouvements sociaux et complaisance avec la droite la plus extrême. Le gouvernement souhaite interdire durablement les manifestations, tout en faisant de l’œil à l’extrême droite et à des syndicats de police radicalisés : appel du président à Éric Zemmour, soutien total à la police et piteux rétropédalage sur la clé d’étranglement, appel à l’expulsion des « étrangers délinquants » à Dijon, etc.

Deux poids, deux mesures

A Montpellier, la gestion du déconfinement par la Préfecture a suivi ces principes directeurs. Le samedi 16 mai et le dimanche 17 mai devaient se tenir deux manifestations (toutes deux interdites au nom de l’état d’urgence sanitaire). La première, le 16 mai à l’appel des Gilets Jaunes, a subi une répression intense : contrôles systématiques, tabassages, arrestations. Au final le bilan est de près de trente verbalisations ou arrestations ainsi que plusieurs blessées, tout cela pour avoir voulu manifester [1] La seconde manifestation à l’appel de divers groupuscules d’extrême droite (Ligue du Midi, Action Française…) a connu un traitement bien plus bienveillant. La préfecture laisse se dérouler un hommage (raccourci) à Jeanne d’Arc par les militants d’extrême droite sans aucune répression, alors que le rassemblement était interdit.

Enhardis par ce blanc-seing préfectoral, de jeunes fascistes se sont alors lancés dans une série d’attaques et d’exactions… Celle-ci commence par l’agression suivie du vol du téléphone d’une journaliste de l’AFP qui prenait des photos aux abords du rassemblement [2]. Les militants d’extrême droite poursuivent leur série d’agression à la dispersion : ils croisent un journaliste indépendant du journal Le Poing (qui est un journal de soutien aux luttes et non un hebdomadaire de droite), l’attaquent et le frappent de manière très courageuse à quinze contre un. Enfin, le groupe de petites frappes fascistes passe devant le local associatif « Le Barricade » et brisent la porte en verre avant de poursuivre leur chemin [3].

Contre les fafs, l’état n’est pas la solution

De cette série d’agressions il est possible de tirer deux enseignements. La première chose à retenir est que l’extrême droite et sa cohorte d’attaques fait son retour non seulement Montpellier, mais plus largement en France et en Europe après le confinement, et ce n’est que par un antifascisme déterminé et populaire qu’elle sera arrêtée. Le mouvement social montpelliérain ne se laissera pas intimider par quelques petits fascistes qui se croient revenus dans les années 1930. Le second enseignement est que c’est les complicités et la tolérance de la police enhardissent ces petits miliciens, qui se sentent pousser des ailes. Dénonçons ces affinités et complicités !

Matt (UCL Montpellier)

[1Lire aussi : « Gilets jaunes:25 verbalisations et 7 interpellations à Montpellier, des tensions à Toulouse », sur Midilibre.fr.

[2Lire aussi : « Menaces et intimidations envers la journaliste Ysis Percq par des militants de la Ligue du Midi » sur Snj.fr

 
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