Pleins feux

Rentrée antisociale : l’agenda Macron-Castex

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Dans un contexte de crise sanitaire et sociale, le gouvernement de combat Macron et Castex entend mener une politique économique offensive au détriment du travail. Tour d’horizon.

Retraites. Passée en force à coup de 49-3 à l’Assemblée nationale le 29 février, la réforme des retraites a été suspendue à l’occasion de la crise du Covid-19. Mais pas abandonnée  ! Le dossier revient à l’ordre du jour. Si la partie systémique du régime par points et son éventuelle «  adaptation  » sont renvoyées à des discussions jusqu’à fin 2021, la partie financière fera, elle, l’objet de négociations dès la rentrée, avec comme objectif, pour Jean Castex, la résorption d’un déficit de 29,4 milliards d’euros, engendré par les pertes de cotisations sociales, liées au confinement et aux nombreuses exonérations décidées par le gouvernement pour soutenir les entreprises. Si nous ne voulons pas que la note soit salée pour les travailleuses et travailleurs, il faudra retrouver le chemin de la mobilisation.

Plan de relance. Les mesures du plan de relance du gouvernement ne sont pas encore officiellement connues. Elles le seront le 25 août. Mais jusqu’ici, l’exécutif a déjà procédé à trois budgets rectificatifs en mettant 100 milliards d’euros sur la table. Ses choix de soutien aux secteurs automobile et aérien, sans réelles contreparties sur l’environnement ou l’emploi, donnent quelques indices sur les orientations qui seront dévoilées en fin d’été. Tout comme le lancement du dispositif d’activité partielle de longue durée, remplaçant celui mis en œuvre le temps du confinement et largement responsable des déficits de l’ensemble de la protection sociale. Toujours les mêmes recettes  : baisse de la pression fiscale et sociale sur les entreprises. Et comme l’État n’envisage pas que les dettes ainsi créées ne soient pas remboursées : un transfert de richesse à venir en faveur du Capital et aux dépens de notre classe sociale.

Les sujets de luttes ne vont pas manquer

Écologie. Emmanuel Macron a assuré retenir 146 des 149 mesures proposées par la Convention citoyenne pour le climat. Mais outre qu’a été écartée d’autorité une taxe sur les dividendes des entreprises, l’idéologie gouvernementale en matière d’environnement reste fondée sur la croissance du marché. Ainsi, le projet de loi devant retranscrire les 146 propositions début octobre pourrait passer au filtre d’un greenwashing, rempli de nombreuses exceptions et de mesures vaguement incitatives. La réintroduction des néonicotinoïdes tueurs d’abeilles, annoncée le 6 août, éclaire sur la capacité ou la volonté effective du pouvoir à s’opposer aux intérêts économiques de telle ou telle filière économique.

Santé. Le Ségur dévoilé cet été ne résout pas la crise structurelle du système de soin, malgré les milliards mis sur la table pour augmenter partiellement les salaires des soignants et soignantes. Très peu d’embauches réelles sont prévues et encore moins de lits supplémentaires pour faire face, entre autres, à une deuxième vague de Covid-19. La lutte engagée il y a plus d’un an est loin d’être terminée.

Chômage. Les quelques adaptations jusqu’au 1er janvier 2021 de la réforme de l’assurance chômage n’éviteront pas un recul des droits des chômeurs et chômeuses et des salarié·es menacé·es par la crise économique. Pour celles et ceux inscrits à Pôle emploi et qui enchaînent les contrats de courte durée, les pertes de revenus sont confirmées pour l’essentiel. Une bataille loin d’être finie.

Stéphane (UCL Montpellier)

 
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