À Contre Courant : Pour l’émancipation sociale !

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Chaque mois, le mensuel Alternative libertaire reproduit l’édito de la revue alsacienne À Contre Courant, qui de son côté reproduit l’édito d’AL. Pour contacter ces camarades : ACC, BP 2123, 68060 Mulhouse Cedex.


De chocs en couacs

près l’annonce grandiloquente du « choc de simplification » de la paperasse administrative censé libérer les énergies patronales, Hollande apprit qu’il était essoré. Il n’avait pas voulu croire Médiapart, persuadé que « l’affaire » s’évanouirait dans les secrets des banquiers suisses. C’était sans compter sur la perspicacité de certains juges.

Ce choc valait bien de jouer les vierges effarouchées d’autant que Cahuzac avait gagné, les yeux dans les yeux, la confiance des parlementaires, ministres et même du Président. Ce « compétent de la rigueur » faisant les poches des gens de peu en taillant dans les dépenses publiques, apparaissait tel qu’en lui-même, un fraudeur. Et les sociaux-libéraux qui, tous, connaissaient son train de vie de s’exclamer : « Nous ne savions pas ! » Cocasse ou pitoyable, ce repiqueur de cheveux, ce rabatteur de crânes chauves, cet aigrefin de la Sécu, entretenant de troubles relations lucratives avec l’industrie pharmaceutique, avec ses amis du Gud/FN mettant à l’ombre des paradis fiscaux ses revenus illicites.

Face à ce choc il fallait frapper l’opinion, redresser la popularité en berne du Président. Hollande, affolé, dans un prêche convenu promit de s’attaquer à la « finance avec visage », aux prévaricateurs et paradis fiscaux ! Diantre ! Les ministres, parlementaires, hauts fonctionnaires devaient tous se déculotter, montrer leur patrimoine et prouver qu’ils étaient plus blancs que blancs. Chiche ? Et couac ! Certains cuistres s’indignèrent de tant de populisme. M’enfin ! La fraude fiscale, ces 40 à 80 milliards n’allaient-ils pas être récupérés ? On ne pouvait qu’applaudir, même si on savait que le bricoleur de l’Elysée possédait une « boîte à outils » déficiente. Et couac ! Dans cette atmosphère délétère, il y eut pire ! Le trésorier de la campagne présidentielle avec deux sociétés aux îles Caïmans serait-il expert en filouterie ? La barre lucrative du bateau de la Marine n’était-elle pas tenue par sieur Peningue, expert en dissimulation de revenus et courtier de Cahuzac ? De quoi éclabousser toute la caste politicienne y compris le FN, prétendument au service des petits franchouillards. L’UMP de Copé tonna contre ce gouvernement irresponsable !

Et couac ! Les ministres dissidents, Montebourg, Hamon, Duflot voulaient changer de cap, abandonner les eaux de l’austérité. La barque PS risquait de sombrer. Vent debout, Ayrault accusa le choc : pas de débat entre godillots, il en allait de la santé des créanciers qu’il ne fallait pas fâcher sous peine d’une hausse des intérêts, des remontrances de Bruxelles. Une seule ligne de flottaison, celle du remboursement des 1 900 milliards de dettes. Quant à la socialisation des banques qui grenouillent dans les paradis fiscaux, il n’en fut pas question. La fureur sur-jouée contre la finance s’arrête aux portes dorées des BNP Paribas et autre Crédit Agricole. Face aux gens de pouvoir, il n’y a que le pouvoir que les gens du peuple se donneront pour nettoyer les écuries d’Augias.

 
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