Italie : Les anarchistes dans le viseur de l’Etat

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Alors que la classe dirigeante italienne est au centre de scandales financiers (Fiat, Cirio, Parmalat, Berlusconi…), au moment où elle poursuit une offensive de grande ampleur contre les droits des travailleuses et travailleurs italien(ne)s, de mystérieux attentats attribués à des anarchistes italiens contre des technocrates et politiciens de l’Union européenne font la une de l’actualité. Des événements qui ne sont pas sans rappeler les provocations montées par l’État italien depuis 1969 pour faire pièce à la combativité ouvrière et à la contestation anticapitaliste.

En Europe, c’est sans doute en Italie que les mobilisations sociales et politiques ont été les plus puissantes ces dernières années sur les retraites, les salaires, contre les licenciements, pour les droits des femmes ou contre la guerre.

Depuis trois ans, c’est par millions que se comptent les manifestant(e)s et grévistes (grève générale en 2002, manifs antiguerre en 2003).

C’est également en Italie que le renouvellement des formes de la contestation a été le plus important avec l’émergence d’un véritable mouvement altermondialisation fortement teinté d’influence zapatiste.

Si le mouvement anarchiste organisé ne se caractérise pas par une percée significative, en revanche les problématiques portées par les libertaires - auto-organisation, contre-pouvoirs, autogestion, action directe… - trouvent un écho de plus en plus important dans les luttes. De ce fait les libertaires deviennent de plus en plus encombrants pour l’État.

L’opposition résolue des anarchistes et libertaires à l’État et ses outils de contrôle et de répression, ainsi que leur projet de société basé sur la liberté, l’égalité et l’autonomie font d’eux/elles une cible privilégiée de la répression étatique.

Face à leur offensive de destruction des droits sociaux et des libertés, d’appauvrissement des salarié(e)s et retraité(e)s, mais aussi face à leur politique impérialiste (soutien à la guerre de Bush et de Blair en Irak, de Poutine en Tchétchénie), patronat et gouvernement rencontrent une opposition sociale de plus en plus résolue.

En réponse, l’État soutenu et relayé dans sa politique par des médias acquis à sa cause s’efforce d’effrayer les mouvements de masses susceptibles de devenir dangereux pour la domination capitaliste.

Il n’y a pas une grande ville en Italie où il n’y ait pas de militant(e)s politiques syndica(les)ux combatifs inculpé(e)s ou condamné(e)s pour fait de grève, d’occupation d’édifices publiques, de participation à des manifestations…

Une répression qui s’intensifie à chaque pause des luttes. Une réponse à la fois préventive et ciblée qui peut prendre la forme d’attentats fomentés de toutes pièces.

S’il existe des groupes comme ceux qui se réclament d’un anarchisme insurrectionnalisme ou du marxisme-léninisme (Brigades rouges) et qui prônent la lutte armée, ils ne mènent qu’à l’aventurisme et à l’isolement. Et, loin d’affaiblir l’État, ils le renforcent à chaque attentat. Les organisations libertaires italiennes comme les syndicats de lutte et le mouvement altermondialisation ont à maintes reprises condamné cette stratégie contre-productive, élitiste et autoritaire.

Les organisations libertaires aujourd’hui dans le viseur de l’État, qui prend prétexte des attentats aux colis piégés (attribués à une Fédération anarchiste informelle inconnue jusque-là), dénoncent ces provocations qui ne profitent qu’au capital et, à l’instar de nos camarades de la Federazione dei comunisti anarchici (FdCA), appellent à développer les structures de solidarité et de défense des militant(e)s confronté(e)s à la répression étatique.

CJ avec FdCA (Fédération des communistes anarchistes d’Italie)

 
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