Campagne contre les violences faites aux femmes

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Le Collectif national pour le droit des femmes a lancé par une conférence de presse le 25 novembre, journée proclamée par l’ONU « journée internationale pour l’élimination de la violence faite aux femmes », sa campagne contre les violences faites aux femmes.

La campagne lancée par le collectif a pour objectif de rappeler ces vérités face à la tendance actuelle à expliquer les violences faites aux femmes par d’autres causes que le patriarcat : le manque de communication dans le couple, la précarité par exemple. Si ces éléments peuvent être aggravants, ils n’en sont pas la cause première. Les violences faites aux femmes sont innombrables, présentes dans tous les pays et dans toutes les classes sociales. Leur point commun est d’être la représentation extrême de la domination des hommes sur les femmes. Leur universalité prouve leur caractère de conséquence du système patriarcal. Les violences faites aux femmes ont une utilité, elles concourent au contrôle social des femmes par les hommes.

Une manifestation était organisée jeudi 15 janvier, à la Fontaine des Innocents aux Halles à Paris pour sensibiliser sur les violences conjugales, en insistant sur le fait que 6 femmes meurent chaque mois sous les coups de leurs compagnons. 72 femmes masquées de blanc étaient là pour symboliser ce massacre exécuté dans l’indifférence.

L’action suivante du collectif sera, jeudi 5 février, la projection du film Lydia for ever (sur la traite et la prostitution), suivie d’un débat. Celle-ci aura lieu au cinéma La Clef (Paris VI, métro Censier Daubenton). Les portes seront ouvertes à partir de 18h, la projection débutera à 19 h.

Les violences domestiques, familiales

L’Organisation mondiale de la santé affirme que les maris, ex-maris et compagnons sont responsables de la moitié des morts violentes de femmes dans le monde.

L’enquête nationale sur les violences envers les femmes en France, faite par entretiens téléphoniques a révélé que :

- dans les 12 derniers mois (en 1999) 4 % des femmes ont été victimes d’agressions physiques, dont 0,3 % de viol (soit 48 000 femmes) !
- dans les 12 derniers mois, 13,3 % des femmes ont subi des agressions verbales dans l’espace public, 5,2 % ont été suivies de faits, 1,9 % ont subi des « avances » non désirées et des agressions sexuelles ;
- dans les 12 derniers mois, 2,7 % des femmes ont été victimes d’agression physique au travail ;
- dans les 12 derniers mois, 9,5 % des femmes en couple au moment de l’enquête et 30,7% des femmes qui n’étaient alors plus en couple ont subi des violences conjugales (insultes, chantage affectif, pressions psychologiques, agressions physiques et viols).

Au cours de la vie, 17,8% des femmes ont subi des agressions physiques après 18 ans. 8 % ont subi des viols et tentatives de viols dont 2,9 % des viols. Peu de plaintes, et peu de poursuites et encore moins de condamnations.

En Serbie, une enquête a montré que 8,7 % des femmes ont été violées et 30,6 % victimes de violences physiques, le plus souvent (plus de 70 % des cas) de la part de leurs compagnons.

En Hongrie, pays de 10 millions d’habitant(e)s, une femme meurt de violences conjugales chaque semaine.

Dans son édition du 15 janvier 2004, le quotidien portugais Publico informe qu’au Portugal une étudiante sur quatre est victime de rapports sexuels forcés.

Au Pakistan et en Inde, le pseudo-accident domestique est un moyen efficace pour se débarrasser d’une femme : une dispute de couple pour des histoires d’argent, un mari drogué ou violent, un homme qui convoite une nouvelle épouse, la mésentente avec la belle-famille, le refus d’une jeune fille d’épouser le mari choisi par ses parents, une dot jugée insuffisante, la naissance d’un bébé fille. Et la femme peut se retrouver arrosée de kérosène et en flammes.

À l’hôpital, elle déclarera avoir eu un accident avec le réchaud de la cuisine, ce que l’ampleur des blessures dément (ces femmes sont brûlées à plus de 50 %). Presque toutes les femmes meurent. Plus de 400 femmes sont ainsi victimes chaque année à Islamabad et elles se comptent au total par dizaine de milliers. La tolérance est totale pour les hommes qui se livrent à ces meurtres.

En Jordanie, la coutume du crime d’honneur est vivace et admise par la société. Rares sont les condamnations. Des pères, des frères, des maris tuent des femmes parce qu’elles ont fréquenté un autre homme, ou même simplement parce qu’elles ont parlé à un homme, ou parce qu’elles ont divorcé. Pour laver l’honneur de la famille.

Des millions de petites filles martyrisées par l’excision et l’infibulation deviendront des femmes sans plaisir sexuel et souffriront de nombreuses pathologies génitales.

Les petites filles juste nées sont assassinées en Inde à cause de la dot, en Chine à cause de la politique de l’enfant unique. Le viol par inceste des pères sur leurs filles est une « coutume universelle ».

Lutter

Les hommes devraient condamner systématiquement et visiblement auprès des auteurs la violence des autres hommes, même verbale, les blagues idiotes sur le viol, la drague grossière de rue, les attitudes de macho prêt à cogner, les attitudes guerrières, les attitudes inégalitaires dans les couples qu’ils côtoient, intervenir chaque fois qu’un homme tape sa compagne. Être à la base de campagne antiviolences contre les femmes telle celle du ruban blanc au Québec. La violence domestique est la plus répandue, la plus intolérable dans cet espace où chacun et chacune devrait être protégé(e) et elle est à chaque fois commise par un homme, dans un système certes, mais par un homme.

Les femmes luttent déjà, insuffisamment sans doute. Plus aucune violence ne devrait être tue, même la plus petite. La solidarité, la colère, l’apprentissage de techniques de défense, l’organisation collective sont des outils pour se sentir plus forte, pour sensibiliser, pour réclamer des mesures de protection et d’éducation.

Tous et toutes doivent se méfier du relativisme culturel, qui rend admissible ailleurs ou pour d’autres, ce qui ne l’est pas ici.

Des moyens d’accueil des femmes, des campagnes d’éducation, des lois de protection doivent être obtenus de tous les gouvernements. Pour tout cela la solidarité internationale est indispensable.

Christine

 
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