Lire : Serroux, « Anthologie de la connerie militariste »

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Le militariste est con, c’est entendu, mais il est surtout dangereux. La parution du premier volume de l’Anthologie de la connerie militariste vient nous le rappeler. Ce volume consacré au bourrage de crâne de l’école à la caserne, s’achève sur les champs de batailles, des XIXe et XXe siècles pour l’essentiel. D’autres volumes suivront, tant le sujet est vaste. En lisant ce patchwork de citations et d’illustrations collectées par Lucien Serroux, on oscille entre rire et envie de gerber, pour finir révolté par tant de bêtise meurtrière, dont voici deux exemples. À propos de l’école de Jules Ferry, qui prépara les corps et les esprits à la première boucherie mondiale : « Le Français, pris jeune et bien dressé, a l’esprit aventurier » [un capitaine en 1916]. Sur l’échec du mouvement ouvrier à empêcher la guerre : « À la dernière grève, ils hurlaient L’Internationale. Maintenant, ils se souviennent des paroles de La Marseillaise. Et ils chantent gravement, religieusement, le cantique national. » (L’Illustration en août 1914).

Des guerres d’hier à celles d’aujourd’hui, la propagande guerrière sert toujours les mêmes intérêts, avec la même efficacité. Cette anthologie est un bon antidote en ces temps de guerre mondiale contre le « mal ».

Hervé

  • Lucien Serroux, Anthologie de la connerie militariste d’expression française, édition AAEL, 2003, 10 euros.
 
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