Écologie

JO Paris 2024 : une catastrophe écologique pour la Seine-Saint-Denis

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Paris devrait accueillir en 2024 les Jeux olympiques d’été. Dans ce contexte, de nouveaux sites seront construits, dont une partie en Seine-Saint-Denis. Des collectifs locaux se mobilisent et dénoncent les conséquences sur les conditions de vie des habitantes et habitants.

En 2024, sauf bouleversement de calendrier, Paris accueillera les Jeux olympiques d’été. Plusieurs sites destinés à cette compétition sportive seront «  externalisés  » en Seine-Saint-Denis. Ces décisions des pouvoirs publics ne sont pas sans conséquences pour le 93 et ses habitant·es.

Ainsi au carrefour Pleyel à Saint-Denis, un échangeur autoroutier sur l’A86 doit être construit à proximité d’un groupe scolaire de 700 élèves, pour permettre aux athlètes et au public d’arriver à l’heure au Stade de France. Il est donc décidé de détériorer encore la qualité de l’air et d’augmenter une pollution déjà très forte dans un quartier qui sera dorénavant pris en étau.

Des espaces verts et sites naturels déjà rares sont aussi menacés  : à Aubervilliers, un hectare de jardins ouvriers va disparaître au profit d’un centre aquatique, d’une gare du futur Grand Paris Express, d’un solarium et d’un centre de fitness. Dans une ville où le taux de pauvreté est de 44 % et où on ne compte qu’1,3 mètre carré d’espace vert par personne, ce projet apparaît totalement déconnecté des réalités locales et des besoins réels des habitant·es.

Au parc Georges-Valbon, sur les communes de La Courneuve et de Dugny, «  l’Aire des Vents  » (connu pour accueillir chaque année la Fête de l’Humanité) va accueillir le Village médias des Jeux olympiques. Le projet  ? La construction de 700 logements pour recevoir les journalistes, techniciennes et techniciens. La zone est pourtant considérée comme un «  corridor écologique  », situé à quelques pas d’une zone Natura 2000. Selon le promoteur, les logements seront ensuite transformés en écoquartier… dans lequel 80 % des biens seront placés en accession à la propriété privée. Dans un secteur où le taux de chômage est de 21 % et où la circulation routière est saturée, là encore cet «  écoquartier  » ne semble pas répondre aux besoins.

Les habitant·es sacrifié·es pour le profit

Ces projets sont des messages clairs adressés aux habitantes et aux habitants de Seine-Saint-Denis  : leurs vies valent moins que les intérêts des investisseurs privés. Ces projets sont menés sans aucune consultation des riveraines et riverains, dans des logiques antidémocratiques. Ils s’inscrivent dans la lignée des projets inutiles et antiécologiques imaginés par nos gouvernants  : aéroport de Notre-Dame -des-Landes  ; barrage de Sivens  ; site d’enfouissement nucléaire de Bure, et tant d’autres.

Depuis plusieurs mois, des mobilisations s’organisent à travers le départements. Un recours en justice est initié par le Mouvement national de lutte écologique (MNLE) 93, plusieurs usagères et usagers, et des représentants de collectifs citoyens contre la cession d’une partie du parc Valbon par le Conseil départemental de Seine-Saint-Denis.

Des rassemblements sont régulièrement organisés par diverses associations citoyennes, dont une manifestation départementale qui a réuni plusieurs centaines de participant·es à Saint-Denis le 17 novembre dernier.

Basile (UCL 93-Centre)

 
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