Surveillance : Coupons les grandes oreilles

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Les révélations de Snowden ont mis en lumière l’ampleur des surveillances dont les citoyens et citoyennes font l’objet. Loin d’être cantonnés à quelques individus « suspects », les programmes d’espionnage dévorent chaque jour plus de données. Mais des solutions alternatives émergent.

Écœuré par les surveillances systématiques, Edward Snowden, un ancien agent de la CIA et de la NSA, contacte le Guardian pour confirmer que les États-Unis tentent de surveiller la plupart des échanges électroniques qui transitent à travers la planète. Avec force preuves, les journalistes commencent à décrire les moyens colossaux mis en œuvre, usant de toutes les techniques de piratage informatique disponibles. Ce qui surprend également, outre les moyens déployés, c’est que les agences gouvernementales semblent décidées à construire, dans le cas des États-Unis, un centre de données situé dans l’Utah qui devrait être capable, à terme, de stocker l’ensemble du trafic internet pendant plusieurs années. Nul ne sait par qui ou comment est analysée la masse gigantesque de ces données. Mais qu’importe, les enregistrements seront prêts lorsqu’un citoyen « déviant » aura été repéré. Si l’on peut se demander quelles solutions adopter, certains ont déjà pris les devants pour assurer la défense de la sphère privée.

Discrétion = Déconnexion

Il est pour l’instant difficile d’évaluer le degré de compromission des échanges électroniques mais on sait qu’aussi bien les fabricants de matériel que les fournisseurs d’accès ou les fabricants de logiciels sont impliqués. Ce qui transite par leurs canaux est donc rarement confidentiel. Certains et certaines se battent contre cet état de fait. C’est le cas du collectif RiseUp : son travail remarquable promeut depuis plusieurs années des valeurs de partage des connaissances, d’horizontalité de prise des décisions et d’égalité. Il met à disposition des systèmes de mail et de liste nettement plus sécurisés et anonymes que la plupart des services similaires. Un VPN (réseau privé virtuel) est actuellement en cours d’élaboration ainsi qu’un système de plateforme collaborative afin de permettre aux internautes de continuer à mener leurs actions sans en informer directement le premier service de police concerné. L’usage de ces outils n’est toutefois pas suffisant pour garantir l’anonymat, brouiller sa localisation nécessite l’emploi de serveurs Proxy, ces systèmes ralentissant considérablement le surf (comme pour le réseau Tor). Ces « désagréments » sont le prix à payer pour ceux et celles qui souhaitent échanger librement et ce depuis un poste fixe correctement configuré. Cela nécessite également de ne pas échanger d’informations via le téléphone portable, ni a fortiori le smartphone, véritable mouchard porté avec consentement.

La sécurisation des échanges sur le réseau est extrêmement énergivore en ressources et en temps. À ces précautions techniques s’ajoute une vigilance afin de s’assurer que ce que l’on transmet ne compromet pas d’autres personnes. Au final l’échange direct au travers de rencontres constitue encore le moyen de communication le plus sûr et de cela, il faut peut-être se réjouir.

Nico (AL Paris Nord-Est)

 
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