Violences fascistes : Une bande de criminels

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Le 5 juin 2013 mourait Clément Méric, jeune militant antifa. Le principal suspect de ce sordide crime fasciste, Esteban Morillo, était un militant de Troisième Voie, mouvement chapeauté par Serge Ayoub. Cet individu, dit « Batskin », est-il aussi propre que sa collection de chemises  ?

Clément est décédé le 5 juin 2013 suite à son agression violente à Paris par des nervis de Serge Ayoub. L’émotion fut évidente  : un militant antifasciste est assassiné en pleine rue dans un contexte où l’extrême droite, de plus en plus décomplexée, tente de dicter sa loi. Le lendemain, Morillo ainsi que sept autres personnes sont arrêtées ou se rendent d’elles-mêmes à la police. Dans la foulée, le pouvoir, pensant freiner les idées fascistes, décide de dissoudre les Jeunesses nationalistes révolutionnaires (JNR), mouvement de Serge Ayoub créé dans les années 1980 pour faire le coup de poing, Troisième voie, ainsi que l’association Envie de rêver, gestionnaire du bar Le Local du même Ayoub, dans le XVe arrondissement de Paris, plaque tournante de l’extrême droite. Dans la tourmente, l’Œuvre française et les Jeunesses nationalistes se retrouvent dissoutes. De son côté, Marine Le Pen demande la dissolution des groupes antifascistes. Ayoub, dans un sursaut de fierté, dissout lui-même ses milices le 25 juin. Le tourbillon dans lequel est emportée cette frange de l’extrême droite est une aubaine pour Ayoub qui se retrouve sous les projecteurs, dans ces lumières qu’il vénère tant.

Ayoub, un personnage au-dessus de tout soupçon ?

Ayoub est un homme qui adore prendre la pose lors de ses discours lui donnant des airs mussoliniens. Homme tout en verbe qui n’en est pas à ses premiers faits dans l’extrême droite. Devenu, dans les années 1980, chef d’une meute de skinheads, il les organise sous la bannière des JNR et se rapproche de Jean-Gilles Malliarakis, adepte du solidarisme, dont le symbole est un trident, doctrine fasciste du «  ni trusts ni soviets  »  : une façon de tailler un costume social au nationalisme. Les deux hommes se fâchent, Malliarakis trouvant les JNR trop gênantes. On retrouve Batskin candidat dans les Hauts-de-Seine, commerçant, trafiquant de stéroïdes, biker, baroudeur, tenancier de bar, jusqu’à la tentative syndicale à la SNCF, à la Poste et dans la pénitentiaire, en 2010. Mais il y a un art dans lequel Ayoub excelle, c’est celui de la pirouette  : il nie connaître Morillo alors que ces deux hommes militent dans la même organisation. Morillo a fondé avec une connaissance personnelle d’Ayoub une association de défense des animaux qui a son adresse dans des locaux où Ayoub édite sa revue Salut public, disparue depuis. Mais Ayoub n’en est pas à sa première pirouette, il avait, dans le passé, lâché deux militants des JNR qui avaient tué un jeune Mauricien de 24 ans en le forçant à boire une bière mélangée à de l’eau de javel.

Après l’autodissolution

Ne pouvant pas rester à ne rien faire, Ayoub lance le Collectif de défense des libertés publiques avec deux amis, Robert Hélié, militant maurassien, fondateur du site Synthèse Nationale et Richard Roudier, patron du Réseau identité et à la tête du Comité d’entraide des prisonniers européens devenu Entraide solidarité en 2004 avec son fils Martial, qui prend en charge la partie administrative du soutien à Morillo (courriers, dons…), toutes les initiatives, les concerts, les manifs doivent être approuvés par le comité. Il n’est pas inutile de préciser que Martial Roudier a été acquitté après avoir poignardé dans le dos un antifa de 16 ans.

En septembre 2013, dans une vidéo, Ayoub donne un entretien à Dieudonné. Le pseudo-humoriste qui aime jouer avec le feu tend la main à l’homme. Avec mauvais goût, ils qualifient le crime de Clément comme une simple affaire, une «  seconde affaire Dreyfus  » où Morillo est l’essence même de l’innocence impliquée à tort. La vidéo se conclut quand les deux hommes se présentent comme ceux de la «  France d’en bas qui ont le même ennemi  ». La fameuse prose antisystème…

Depuis, Ayoub, se présentant comme le porte-parole du courant solidariste français, a créé un site qui n’est qu’une coquille vide, reprenant des communiqués d’agences de presse, comportant quelques vidéos où il se met en scène soit en victime soit en donneur de leçon. Il a, entre temps, édité un livre sur « l’affaire Méric » la présentant comme un simple fait divers. L’homme se fait discret, participant au rassemblement du 1er Mai du FN comme s’il voulait, lui aussi, «  dédiaboliser  » son image. Peine perdue… Ou bien serait-il dans une phase dormante, calmant ses troupes jusqu’au jugement de Morillo et de ses comparses  ?

Ayoub peut essayer de convaincre à qui veut bien l’entendre que son mouvement est au-dessus de tout soupçon : il évolue dans un monde de criminels fascistes ! Cette extrême droite, qu’importe le masque qu’elle porte, nous nous devons de la combattre ensemble et massivement. La combattre dans nos luttes au quotidien, sur nos lieux de travail et aussi dans la rue où nous nous retrouverons le 7 juin pour Clément et pour un antifascisme social  !

Jake & Elwood (Al Saint-Denis)

 
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