Edito : Vive la crise !

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La finance c’est le Saint Esprit du capitalisme.

Sa formule chimiquement pure : le profit et rien d’autre.

Alors quand en quelques jours, dans ces bacs à sable géants de l’économie de marché que sont les places boursières, des milliards disparaissent en fumée, c’est la panique. Et la crise.

A entendre les médias et nos gouvernants c’est une sorte de punition divine, un vague truc « systémique » auquel il faut faire face dignement. Parce que ce qu’il y a de bien avec les punitions divines c’est qu’on en appelle généralement à croire plus encore au Dieu fauteur de trouble, ici, le Capital.

Il faut faire pénitence.

La pénitence des Etats-Unis prend la forme de gros chèques pour, soit nationaliser les banques pourries, soit honorer rubis sur l’ongle les créances d’autres banques tout aussi pourries.

Des sortes d’indulgences étatiques pour s’excuser d’exister encore malgré leurs doctrines ultralibérales.

Sauvons les banques, sauvons le profit, sauvons la finance !

Comment ? En ponctionnant sur les vraies richesses créées par les travailleuses et les travailleurs.

Merveille du capitalisme : ce sont les producteurs mis en faillite par des banques frauduleuses qui doivent, par ses impôts, contribuer au sauvetage. La pirouette est hardie, mais au final, la morale bourgeoise est sauve : c’est toujours le pauvre qui paie. Il paie quand le capitalisme marche en créant par son travail la plus-value nécessaire aux orgies boursières.

Il paie quand ça ne marche plus, via l’Etat, véritable vache à lait d’un système qui sait que le profit c’est, avant tout, la spoliation du Travail. Alors tous les banquiers du monde peuvent s’embrasser très fort en hurlant à tue-tête : Vive la crise !

Alternative libertaire, le 24 septembre 2008

 
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