Communiqué de l’UCL

Haut-Karabakh : contre les nationalismes, pour l’auto-détermination des peuples

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Après plusieurs semaines de conflits militaires un accord de cessez-le-feu a été signé entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie. Cet accord, entré en vigueur le 9 novembre et présidé par la Russie, entérine les conquêtes territoriales de l’armée azerbaïdjanaise, qui contrôle à présent plusieurs districts occupés depuis vingt-cinq ans par l’armée arménienne.

La guerre a pris un tournant avec la prise par l’armée azerbaïdjanaise de Chouchi, ville-clef du Haut-Karabakh. La population azérie de cette ville avait été chassée pendant la guerre de 1990-1994, elle était un objectif stratégique militaire et symbolique pour les nationalistes azéri.es.

Ce conflit est hérité des politiques du début de l’URSS. Le découpage des ex-républiques socialistes visaient à favoriser des tensions nationales internes, facilitant leur contrôle. D’où l’annexion à l’Azerbaïdjan en 1921 du Nagorno Karabakh à majorité arménienne. Ces tensions se sont notamment ravivées à la suite de l’éclatement de l’URSS en 1991, donnant lieu à des pogroms anti-arménien.nes et à une guerre menée par l’Etat azerbaïdjanais en réaction aux mouvements indépendantistes dans la région du Haut-Karabakh.

Si le résultat du cessez-le-feu est utilisé d’un côté par le nationalisme revanchard en Arménie et de l’autre par le régime dictatorial azerbaïdjanais pour se glorifier, d’autres intérêts sont également en jeu. Les puissances impérialistes de la région sont aussi impliquées dans le conflit. Comme la Russie, ou encore l’État turc qui a fourni des armes et des mercenaires djihadistes à l’armée azerbaïdjanaise, afin d’augmenter son poids dans la région dans le cadre de sa politique expansionniste.

Notre soutien va aux peuples, aux classes populaires qui souffrent de la guerre, qui comptent leurs milliers de mort.es et de réfugié.es azéri.es et arménien.nes. Nous apportons également notre solidarité aux militant.es pacifistes et internationalistes opposé.es à la guerre, s’exposant à la répression.

Plutôt que le modèle de l’État nation qui opprime ses minorités nationales, nous promouvons le fédéralisme libertaire qui nous paraît permettre la coexistence de multiples cultures et leur brassage, sans qu’une seule soit imposée aux individus par un pouvoir politique.

Contre la guerre alimentée par les nationalismes et les intérêts impérialistes, pour l’auto-détermination des peuples !

Union Communiste Libertaire, le 22 novembre 2020

 
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