Mairie de Saint-Denis : Les vendredis de la colère continuent

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Semaine après semaine, la mobilisation des salarié-e-s de la mairie de Saint-Denis (93), en particulier du service social, contre le management autoritaire, continue. Si la mairie reste dans le déni de situation, cette lutte met en avant l’importance des collectifs de travail.

Toujours mobilisé-e-s, les communaux de Saint-Denis font durer leurs vendredis de la colère (sur les raisons de cette mobilisation, voir AL n° 228 du mois de mai, disponible sur internet). Au mois de mai, un « suprême vendredi de la colère » a été organisé pour relancer la mobilisation après deux semaines de vacances et afficher les soutiens [1]. Au final plus de 150 personnes, une présence massive de Solidaires et de quelques cégétistes d’autres secteurs. Ce fut aussi l’occasion pour le syndicat Sud collectivités territoriales (Sud CT) de la mairie de Saint-Denis de mettre en place des registres santé sécurité au travail (RSST) pour suppléer à l’employeur municipal défaillant ici aussi.

Déni du côté de la mairie

La mairie refuse toujours de reconnaître la réalité des revendications concernant le management autoritaire et la souffrance au travail. Du point de vue d’une partie de la majorité (Front de gauche, plutôt côté PC), il s’agit d’une manœuvre « gauchiste » visant à implanter un nouveau syndicat à côté d’une FO qui soutient les hauts cadres et d’une CGT qui ne hausse jamais le ton face à des « camarades » élu-e-s à la mairie. Tout cela sur fond d’élection municipale à venir en 2014, où le PS est en embuscade. À côté, la Fédération pour une alternative sociale et économique et la Gauche anticapitaliste (au Front de gauche également) ont cherché à jouer les intermédiaires avec le pouvoir municipal, facilitant une rencontre mais sans succès ou réelle évolution sur le fond.

La défense d’un collectif de travail

Cette lutte dépasse le strict cadre des revendications établies par les grévistes. Les salarié-e-s du service social, dont beaucoup d’assistantes sociales, se réapproprient la lutte et s’engagent au delà d’une heure par semaine : tournées vers les collègues d’autres services, organisation d’une réunion publique d’explication de la situation... Surtout, au-delà d’un début d’engagement militant, se dessinent en toile de fond les enjeux de telles mobilisations : des travailleuses défendent leur collectif de travail. C’est le début de tout : un collectif de travail soudé, qui réfléchit à l’organisation du travail, à la solidarité et à la façon de résister à la hiérarchie, porte en lui les germes de mobilisations futures, plus offensives. D’autant que de plus en plus de salarié-e-s de la mairie comprennent l’intérêt d’appartenir à un collectif militant soudé qui défend leurs intérêts et une vision de la société. Les adhésions à la structure syndicale se multiplient, le nombre d’adhérentes et d’adhérents a doublé ces derniers mois...

Sergio L. (AL Saint-Denis, 93)

[1Vidéos, tracts, préavis de grève sont sur le blog de l’Union Locale Solidaires de Saint-Denis : solidaires.saintdenis.over-blog.org

 
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