SUD-Éducation : Ancrer les luttes dans les réalités professionnelles

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Le congrès de SUD-Éducation s’est tenu à Boulogne-sur-Mer du 26 au 30 mars. L’enjeu : mieux labourer le terrain, pour rester fidèles à l’héritage du syndicalisme révolutionnaire.

De nouvelles offensives libérales visent à détruire l’école, à travers une territorialisation croissante du service public, l’austérité budgétaire et des attaques réactionnaires. Face à cela, le congrès de SUD-Éducation a voulu interroger, définir et construire des outils de la transformation sociale pour les équipes militantes.

Les textes adoptés touchent à des axes stratégiques majeurs.

Construire des grèves fortes est l’un d’entre eux, et a donné lieu à de difficiles discussions sur l’articulation entre grève reconductible, grève partielle et/ou ponctuelle sans tomber dans l’incantation rituelle. Le congrès a réaffirmé la ­centralité de la grève générale dans l’histoire du mouvement syndical révolutionnaire et de notre syndicalisme, malgré la difficulté à en créer les conditions et un ancrage malheureusement insuffisant de SUD. Plusieurs textes ont proposé des outils pour dépasser cette situation, en développant des luttes autour des conditions de travail en formant les militants et militantes à des outils autogestionnaires (l’enquête-action par exemple) et de construire un projet d’école inclusif.

L’activité a ainsi été définie sous deux angles : celui de l’amélioration des conditions de travail et celui d’une école inclusive, ouverte à toutes et tous. Un débat important a ainsi été consacré à l’antisexisme et à la lutte contre les discriminations des LGBT+.

Lutter contre la hiérarchie

La solidarité internationale n’a pas été oubliée. Des temps de réflexion collective ont été organisés sur l’autogestion et l’anticolonialisme ; le congrès s’est affirmé solidaire des peuples du Rojava, et a voté une motion de soutien aux familles des prisonniers politiques sahraouis, victimes de la monarchie marocaine.

Au delà des débats d’orientation, les discussions ont montré que la préparation des élections professionnelles était un enjeu majeur pour les équipes syndicales qui ont su dépasser les tensions internes afin de construire ensemble une orientation et une fédération capable de mener des campagnes et de renouveler ses outils comme ses pratiques.

Ces textes s’ajoutent aux motions votées lors des précédents congrès, fixant des orientations en termes de lutte contre la hiérarchie et de pratiques autogestionnaires aussi bien dans le syndicalisme que dans l’activité professionnelle.

La faiblesse de la fédération SUD-Éducation reste cependant l’incapacité à s’emparer de sujets qui mobilisent directement les collègues, avec des revendications chiffrées sur le temps de travail pour les différentes catégories de personnels, sur le nombre d’élèves par classe, ou encore sur les carrières et les rémunérations des titulaires et des non-titulaires. Enfin, l’enjeu majeur reste celui de l’implantation militante de SUD, pour faire vivre réellement nos orientations sur le terrain.

Des communistes libertaires de SUD-Éducation

 
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