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Sorbonne université : comment les personnels de ménage ont gagné

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Les salarié·es de la société Arc-en-ciel ont fait preuve d’une solidarité sans faille et, après huit jours de grève, ont fait plier les employeurs et vu toutes leurs revendications acceptées. Preuve que la grève et la solidarité de classe sont nos armes privilégiées.

Vendredi 24 septembre, les 130 grévistes de la société Arc-en-Ciel du site Jussieu de Sorbonne université ont pu reprendre le travail la tête haute après huit jours de grève. Cette grève ne sort pas de nulle part. Cela fait plusieurs années que la CGT de l’université défend les salarié·es face aux différents patrons, en lien avec le collectif nettoyage de l’union départementale et l’union locale. Les choses se sont accélérées avec le changement de marché de Labrenne vers Arc-en-Ciel en février.

Labrenne a tenté d’arnaquer les salarié·es sur le paiement des congés non-pris. Une action en juin d’une poignée de salarié·es et de leurs soutiens a permis le paiement de ces congés pour toutes et tous. Ceux-ci ont compris que l’action collective payait. Les conditions de travail exécrables cet été, puis les changements de postes et l’augmentation de la charge de travail, qui n’avaient d’autre but que de pousser des salarié·es à la démission, ont achevé de mettre le feu aux poudres.

La grève a été totale, 100 % des personnels étaient en grève, conduite en assemblées générales. Le soutien a été très important. D’abord au sein de l’université  : de nombreux agents de l’université ont fait signer la pétition, sont passés sur le piquet de grève, voire ont envoyé des motions votées en AG de labo à la direction de l’université. Plusieurs syndicats de l’arrondissement sont également venus apporter leur appui. Celui-ci a culminé le mardi 21 septembre avec 300 personnes au rassemblement de soutien, dont plusieurs personnalités politiques et les femmes de chambre de l’hôtel Ibis Batignolles. La caisse de grève a ainsi permis de couvrir la totalité des jours prélevés.

Et pourtant, La CGT-Propreté a tout fait pour briser la grève

On notera que la CGT-Propreté Ile-de-France, envoyée avec les autres délégué·es syndicaux de la boîte par la direction, a tout fait pour briser la grève en attisant les tensions entre grévistes. Un courrier de la CGT de l’université a été envoyé à la confédération, mais il restera sans doute lettre morte comme les nombreux autres courriers envoyés suite à d’autres conflits où elle avait joué le même rôle de sous-fifre du patronat.

La grève a permis d’obtenir en particulier  : l’arrêt des changements de postes et le maintien des horaires de travail (alors que la direction voulait fractionner les horaires en deux tranches : 6h-9h30 et 17h-20h30), le paiement des heures complémentaires et la régularisation des contrats, le départ du responsable d’exploitation autoritaire et brutal, le paiement de la moitié des jours de grève. De plus, la clause de mobilité a été suspendue  : les mutations en dehors du site de Jussieu ne pourront se faire qu’avec l’accord de l’agent·e.

Cette clause constitue un véritable permis de licencier pour les patrons du nettoyage  : les salarié·es récalcitrant·es peuvent en effet se voir changer leur contrat pour être redéployé·es en fonction des besoins des patrons sur toute l’Île-de-France. La suspension de cette clause est donc une grande victoire, qui va permettre de s’organiser sur un temps plus long sans la menace permanente des mutations. Car il reste des raisons de se battre.

C’est maintenant sur la question de la réinternalisation du ménage, mais aussi des autres services externalisés, qu’il va falloir se mobiliser au sein de l’université. Cette victoire va dans le sens de la construction du syndicalisme de classe dans les secteurs féminisés, qui comptent parmi les plus précaires. Faisons la connaître pour en construire d’autres.

Grégoire (Orléans)

 
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