congrès Sud-Rail : Et maintenant, dans le privé !

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Le congrès de Sud-Rail s’est déroulé en Vendée le mois dernier, alors que le syndicat connaît une progression indéniable, et que les salarié-e-s sont de plus en plus exposé-e-s à une dégradation de leurs conditions de travail.

Le Ve congrès de la fédération Sud-Rail marque une nouvelle étape dans la consolidation d’un syndicalisme de lutte chez les travailleuses et les travailleurs du rail, treize ans après sa création, dans la foulée de la grève victorieuse de novembre-décembre 1995. Ce congrès se situe dans un contexte de renforcement incontestable de Sud-Rail après les élections professionnelles de mars (une hausse de 2,7 points pour atteindre 17,67 %) et malgré les attaques politico-médiatiques sans précédent orchestrées en début d’année [1].

Ce congrès a réuni environ 280 délégué-e-s qui ont fait le bilan d’activité depuis le dernier congrès de 2006 et dressé les perspectives pour les trois ans à venir, notamment en termes d’activité revendicative et de nécessaire syndicalisation de nouvelles et nouveaux adhérents. La formation des équipes militantes et la politique d’information des agents constituent deux priorités.

Premières grèves dans le rail privé

L’axe stratégique de développement dans les secteurs privés a été également réaffirmé, au vu du développement de la filialisation et de la sous-traitance. La multiplication des grèves reconductibles, que ce soit dans la filiale SNCF de services en gare Effia, dans les entreprises privées de transport ferroviaire fret Euro-Cargo-Rail et Véolia, dans la restauration ferroviaire avec Crémonini, dans le nettoyage, ou encore dans le gardiennage... ne font que confirmer la nécessité d’organiser ces cheminotes et cheminots du privé surexploités, qui rejoignent régulièrement Sud-Rail.

La réflexion entamée sur l’adaptation des structures syndicales face aux bouleversements en cours, imputables au projet d’éclatement de l’entreprise, devra en revanche être prolongée dans les syndicats. En effet, la gestion par activités et la redéfinition d’établissements sur des territoires géographiques de plus en plus étendus questionnent le fonctionnement syndical, qui doit veiller à conserver une logique de proximité.

À l’issue de ce congrès, les délégué-e-s ont élu un bureau fédéral toujours aussi peu féminisé , reflet aussi des 16 % de femmes présentes à la SNCF, mais renouvelé aux deux tiers, avec notamment l’intégration de jeunes cheminots et la participation de travailleurs du rail privé, signe distinctif du fonctionnement de Sud-Rail.

Espagnols et sénégalais

La dimension interprofessionnelle et la nécessité de convergence des luttes étaient fortement présentes dans les débats et les prises de parole de camarades de Solidaires (Poste, Telecom, Impôts, Étudiants, Éducation...). Autre temps fort : les interventions de camarades venu-e-s témoigner des luttes internationales, contre la logique capitaliste de privatisation des chemins de fer : CGT d’Espagne (anarcho-syndicaliste), Comité de grève des ateliers Belinzonna (Suisse), Orsa (Italie), Syndicat des travailleurs du petit train bleu (Sénégal), RMT (Angleterre), Bahn von unten (Allemagne) et Transparenz für die Basis (TFB) du S-Bahn de Berlin (Allemagne).

L’actualité des luttes était d’autant plus présente que dans les jours qui suivaient, deux rendez-vous attendaient les équipes : la grève SNCF du 20 octobre à l’appel de la CGT, de la CFDT et de Sud-Rail, et la participation à la manifestation pour une autre politique industrielle du 22 octobre. Par ailleurs, le congrès a adopté une motion d’actualité pour soutenir la lutte massive de travailleurs sans-papiers, qui se déclenchait cette semaine-là.

Des camarades d’AL-Rail

[1Alternative libertaire, mai 2009.

 
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