Postiers : tout passera par la grève

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Depuis plus d’un an une soixantaine d’associations, organisations politiques, syndicats se sont regroupés pour dire non au projet de privatisation de la Poste. Parallèlement les organisations syndicales mènent la bataille dans l’entreprise avec les salarié-e-s pour mettre au tapis le projet de loi.

Pour Alternative libertaire, la votation ne pouvait être une fin en soi. Elle a cependant prouvé que la mobilisation de la population était là. Près de trois millions de personnes se sont déplacées pour voter, mais cette votation a été organisée dans de nombreuses entreprises, établissements scolaires ou administrations. Il est maintenant crucial de donner une suite à cette dernière. Le Comité national a décidé de lancer une carte-pétition et de recueillir plus de 5 millions de signatures. Il est cependant indispensable de monter crescendo dans la mobilisation et cette carte-pétition si elle permet peut-être de maintenir la mobilisation ne sera pas suffisante. La perspective d’une manifestation nationale citoyenne pour défendre le service public postale est essentielle.

La CFDT : aussi jaune qu’un boîte aux lettres

Mais cela passe aussi par la mobilisation des postiers et postières et ce ne sera pas le plus facile à gagner et notamment avec une CFDT qui n’est pas une trahison près. C’est ainsi qu’elle a taclé sévèrement les autres organisations syndicales membres du Comité national, relayée par François Chérèque et agissant comme des jaunes lors d’un mouvement de grève. Il est assez compréhensible que certaines organisations syndicales se posent la question de continuer à travailler unitairement avec un syndicat qui a déjà accepté une loi postale et qui se dit prêt à travailler avec le gouvernement pour l’améliorer. Effet des nouvelles règles de représentativité, c’est la CGT qui a ramené à l’intersyndicale la CFDT... Quant à la mobilisation dans l’entreprise, Sud-PTT défend déjà auprès des postiers et postières la perspective d’une grève reconductible comme moyen de lutte, la plaçant courant novembre et avant le débat à l’Assemblée nationale en décembre. La CFTC semblerait estimer aussi que l’heure est à proposer une grève illimitée aux salariés. De son côté la CGT semblerait opter pour une énième grève de 24 heures courant décembre. De quoi saborder une véritable mobilisation.

De la dernière intersyndicale est sorti un communiqué commun assez plat, reflet de la présence d’une CFDT qui risque de pourrir cette dernière jusqu’au bout de la bataille contre la privatisation. Une pétition intersyndicale – une première depuis plusieurs dizaines d’année – fait le lien entre les réorganisations, suppressions d’emplois et privatisation. Tout cela ne suffira pas et la grève reconductible semble être le seul moyen pour gagner. Le hic : seul Sud-PTT semble l’envisager clairement pour l’instant.

Germinal de Sousa (AL Orléans)

 
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