Lire : Granier : « Quitter son point de vue »

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Caroline Granier nous propose aux éditions du Monde libertaire, Quitter son point de vue, sa subtile analyse de « Quelques utopies anarcho-littéraires d’il y a un siècle ». On aurais pu craindre les pièges d’un jardin d’Eden où nul serpent ne se serait jamais aventuré. Hé bien non. Tout n’est pas tout sucre et tout sourire dans l’île ou la commune libérée des folies de l’autoritarisme bourgeois. L’idéal est encore aux prises avec les embûches de ce monde-ci, qui est le nôtre. À propos de Terre libre de Jean Grave : « Les dissidences existent, mais elles ne sont pas étouffées : elles se résorbent d’elles-mêmes, dans une organisation ouverte, et ne sont plus une menace pour la communauté. »

On appréciera aussi le rêve inassouvi de la défaite des préjugés homophobes, dans la dernière partie du texte. On peut se demander d’ailleurs si ce point ne méritait pas un ouvrage à lui seul. Mais ces préjugés-là étant des plus tenaces, cela valait la peine de poser le problème dans un petit ouvrage consacré à d’autres utopies, pour éviter la fuite de lecteurs et de lectrices devant ce problème encore dérangeant pour d’aucuns. Là on tombe dessus par hasard. Bien sûr, un livre consacré à « ça », on ne l’achèterait pas. Mais heureusement il n’y a plus du tout de préjugés de cette nature en milieu anarchiste.

Une jolie citation en tête de l’ouvrage : « L’impossible arrive, il n’arrive même que cela. » C’est une parole de Louise Michel.

Quant au préfacier Michel Antony, il s’interroge sur la mort du socialisme étatique : « La revanche de Bakounine sur Marx ? » Et pourquoi non ? Une utopie qui ouvrirait vers d’autres possibles...

F.K.T. (AL Paris Nord-Est)

• Caroline Granier, Quitter son point de vue. Quelques utopies anarcho littéraires d’il y a un siècle. Éditions du Monde libertaire (Coll. Pages libres), 2007. 120 pages.10 euros.

 
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