Mobilisations intersyndicales : 23 mars, 1er mai, 27 mai... ça va durer longtemps ?

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La question est double : est-ce que les acquis sociaux qui subsistent encore après les contre-réformes de 1993, 1995, 2003, 2007, vont être maintenus ? Et surtout : est-ce que ça va durer longtemps ce petit jeu syndical du « on y va, on n’y va pas, allez un p’tit coup et on se revoit plus tard » ?

De la réponse à la seconde question, dépend beaucoup la solution à la première. Mais ne rêvons pas : ce n’est pas en interpelant les confédérations syndicales que le grand mouvement interprofessionnel nécessaire pour gagner existera !

Si la plupart des organisations syndicales ne veulent pas construire ce mouvement, c’est par choix politique délibéré ; passons sur CFDT, UNSA, CFTC, CGC qui ne s’opposeront pas à une remise en cause de nos droits, si tant est que le gouvernement y mette la forme… et leur permette d’exister. FO rejoue juin 2003, en appelant à la « grève générale », et en faisant ce qu’il faut pour empêcher qu’elle existe ; sa décision de balancer la date du 15 juin, seule, et en rejetant toute possibilité d’unité syndicale est symptomatique d’une organisation qui vit pour elle, et non pour les luttes.

Une des clefs de la mobilisation est le positionnement de la CGT. Son refus de soutenir les collectifs unitaires, sa volonté de privilégier l’unité avec la CFDT à la constitution d’un front CGT-FSU-Solidaires, l’insistance confédérale à communiquer en interne sur « les difficultés de la mobilisation », … tout cela donne la ligne d’une CGT qui ne veut pas d’un affrontement majeur avec le gouvernement et le patronat.

Que fait la CGT ?

Refuser de construire une action syndicale conduisant à un tel antagonisme, c’est décider que la contre-réforme passera. Peut être avec des aménagements, les rencontres régulières Thibault/Sarkozy en décideront le niveau. Mais la position du Bureau confédéral CGT peut être remise en cause ! Nombre de collectifs syndicaux CGT veulent en découdre et refusent d’entériner d’ores et déjà une nouvelle défaite sur les retraites.

Ces militantes et militants CGT disent les mêmes choses que celles et ceux de la FSU et de Solidaires (et de la CNT dans les quelques entreprises où elle existe). Arriver à se faire confiance, et se donner confiance mutuellement, est indispensable pour faire passer la grève générale reconductible, du slogan à la réalité. Car là est notre tâche essentielle aujourd’hui : permettre de gagner sur les retraites !

Passer à l’action maintenant

En cela, nous n’avons pas le même objectif que toutes les organisations politiques avec qui nous devons pourtant mener le combat le plus unitairement possible. Il en est pour qui « les retraites », c’est avant tout la bataille pour se positionner le mieux possible en vue des élections de 2012 ; d’autres pour qui dénoncer les « directions syndicales » suffit à montrer la justesse de positions plus radicales. Les deux mènent à l’échec. La classe ouvrière ne sortira pas renforcée d’une défaite sur les retraites ! Courants réformiste ou révolutionnaire paieront tous le prix fort d’une défaite sociale. Alors que faire après la journée de grève et manifestations interprofessionnelles du 27 mai ?

Multiplions les initiatives dans les entreprises et dans les localités : débats, meetings, diffusions de tracts de masse, … il faut que le mouvement social vive, se montre, se développe. Posons les questions de fond, et notamment celle du partage des richesses que nous produisons et que les patrons, les actionnaires, les banquiers, nous volent.

Travaillons dans nos organisations syndicales à construire une victoire sociale, donc proposons par exemple d’avancer sur l’unité syndicale, de fixer publiquement la grève générale comme le moyen nécessaire pour gagner…

Le gouvernement va sortir son projet de loi vers le 20 juin, et prévoit de le faire voter au Parlement début septembre. Cessons de dire qu’il choisit le calendrier qui l’arrange ! C’est évident, mais pourquoi ferait-il autrement ? Cela fait partie de nos difficultés, mais nous connaissons ce planning depuis des semaines. Alors, ne nous lamentons pas, agissons, renforçons la campagne et faisons-la vivre dans la durée, construisons la grève générale !

M ouldi C. (AL Transcom)

 
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