Antifascisme

Russie : Alexeï Soutouga, libertaire assassiné pour ses idées

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Alexeï Soutouga, dit Socrate, antifasciste et anarchiste de 34 ans est décédé le 1er septembre des suites de graves blessures résultant d’une attaque la semaine précédente dans les rues de Moscou. Activiste connu de la scène punk moscovite, Socrate avait également déjà été la cible de l’arbitraire d’État pour s’être opposé à des néonazis.

Ils étaient quatre ce 23 août dans le centre de Moscou aux environs de la station de métro Baumanskaïa à tomber à bras raccourcis sur notre camarade Alexeï. Bien qu’au moment où nous écrivons ces lignes les circonstances exactes de cette agression mortelle ne soient pas encore connues, il serait étonnant qu’elles soient étrangère au parcours politique d’Alexis, militant antifasciste et communiste libertaire moscovite.

Alexeï, également connu sous le nom de Socrate, a participé en 2002 à la création de la fédération anarchiste révolutionnaire, Action autonome, regroupement d’anarcho-communistes, d’anarcho-syndicalistes, d’autonomes et d’écologistes radicaux en Russie, Biélorussie et Ukraine. Dissoute en 2005, Action autonome promouvait l’action directe contre l’État et les groupes fascistes. En 2014, Alexis était condamné à une peine de trois ans de prison, accusé d’agression par des néonazis – qui reconnaissaient en lui un leader antifasciste vu sur internet – à la suite d’un simulacre de procès. Son activisme anarchiste et antifasciste lui vaut alors d’être poursuivi dans de nombreuses affaires tout aussi sous des prétextes tout aussi fallacieux.

Ex-militant de l’organisation Avtonom, Alexeï était aussi chanteur du groupe Working Boys.

Militant politique, participant notamment au magazine anarchiste Avtonom  [1], Alexeï était également un activiste de la scène contre-culturelle moscovite. Chanteur du groupe street-punk Working Boys, il était également investi dans l’aventure du théâtre Teatr.doc qui depuis près de vingt ans fait rimer formes théâtrales contemporaines avec propos engagés. Enfin, en mai dernier Alexeï avait fait paraître ses mémoires de prisons Dialogues à propos de la prison.

Si les motivations des agresseurs d’Alexeï ne sont pas encore établies, nos camarades anarchistes et antifasciste russes font face d’une part à des groupes fascistes organisés et particulièrement actifs et violents et à une tout aussi violente répression et la torture de la part de l’appareil d’État. De procès truqués en emprisonnements arbitraires

l’État cherche par tous les moyens à faire taire les voix dissidentes et militants syndicaux, libertaires et antifascistes [2]. Toute notre pensée et notre soutien vont aujourd’hui aux parent-es et aux proches d’Alexeï, et notamment son fils [3]. La solidarité est notre arme, vos coups ne tuerons pas nos idées.

David (UCL Grand Paris Sud)

[1Site web de l’Autonomous Action avtonom.org/en

[2Appel à des actions de solidarité avec les anarchistes et antifascistes russes emprisonnés : lahorde.samizdat.net

[3Pour faire faire un don à la mère d’Alexeï et l’aider à couvrir notamment les frais d’enterrement : paypal.me/sutugaolga

 
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