Bilan Macron

Bilan Macron #9 : Anti-répression




Des Gilets Jaunes à la dissolution de Palestine vaincra, de Steve Maia Caniço à Jean-Paul, ce quinquennat aura été inscrit sous le signe de l’autoritarisme et de la violence. Retour sur cinq années de répression des mouvements sociaux.

Amplification de la répression des mouvements sociaux

Des Gilets Jaunes à la dissolution de Palestine vaincra, ce quinquennat aura été inscrit sous le signe de la répression violente des mouvements sociaux.

Avec l’utilisation massive des grenades de désencerclement et des LBD40, des nasses mobiles et l’apparition des BRAV-M et faisant a minima 2500 blessé·es, des dizaines de mutilé·es pour l’exemple et causant la mort notamment de Zineb Redouane, le mouvement des Gilets Jaunes n’est pourtant qu’une nouvelle étape dans la montée de la violence et de la militarisation de la police initiée dès 2005.

En outre-mer, c’est l’armée qui est directement intervenue pour réprimer les revendications sociales et anticoloniales. La répression administrative et judiciaire a également passé un nouveau cran, avec les interdictions de manifester (amendes de 135€ notamment) ou encore les arrestations préventives de masse. Il faut enfin rappeler le passage de la loi dite « Sécurité globale » et la mise en place du nouveau Schéma national de maintien de l’ordre (SNMO) en 2021, qui renforcent l’arsenal technique et juridique des forces de l’ordre (drones, caméras…).

Une police qui s’autonomise

Hors des manifestations, les forces de l’ordre ont massivement blessé et tué, de Steve Maia Caniço à Jean-Paul il y a quelques jours. Dans le même temps, suite aux mobilisations face à la mort de Cedric Chouviat, Castaner annonçait l’abandon du plaquage ventral et la tolérance zéro pour le racisme dans la police. Malgré la faiblesse de ces engagements, ils suffiront à susciter des manifestations de policiers, menant au rétablissement du plaquage ventral et au remplacement de Castaner par Darmanin au ministère de l’intérieur un mois plus tard.

Cette séquence illustre l’autonomisation inquiétante de la police, en mesure d’imposer ses demandes au gouvernement par l’intimidation. On rappellera notamment le rassemblement factieux devant l’Assemblée Nationale où le secrétaire général du syndicat Alliance déclara que « le problème de la police, c’est la justice ». Mais aussi la gratuité des déplacements professionnels en train et la réduction sur les trajets personnels pour les policiers armés.

Ainsi, si les quelques promesses pour réformer la police n’ont évidemment pas été appliquées, comme la révocation des policiers violents, racistes, homophobes ou le rappel du port obligatoire du RIO, les syndicalistes policiers notent par contre des « avancées significatives mais encore insuffisantes », encore récemment avec une revalorisation de 5%.

Au vu des réformes (retraite, université, etc.) que Macron prévoit pour ce deuxième quinquennat, il ne pourra compter que sur ses « forces de l’ordre » pour tenter de mater les mobilisations populaires en réaction. Il n’est donc pas étonnant que Macron prévoit de doubler d’ici 2030 leur nombre sur le terrain. Ses récentes déclarations sur la fin de l’anonymat sur internet au profit du pseudonymat laissent aussi à craindre de nouvelles mesures sur le contrôle des échanges numériques et la gestion des données personnelles.

L’Union communiste libertaire, commission sérénité organisée, le 3 mai 2022.


Voir aussi notre communiqué du 24 avril 2022 : Réélection de Macron : reprendre le contrôle de nos vies, nos bilans du quinquennat sur l’antifascisme, l’antipatriarcat, l’antiracisme, l’écologie, l’international, la jeunesse, le travail, et les libertés numériques.

 
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