École primaire : Allons enfants de la patrie-hi-eu !

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Présente sur tous les fronts, la droite couple la réduction de moyens qui frappera l’école publique en septembre avec une véritable offensive idéologique qui vise à revenir à une école mode années quarante.

Au rayon des gadgets pédagogiques qui pullulent dans le projet de nouveaux programmes scolaires, relevons le rétablissement du vouvoiement en maternelle et primaire, le fait de se lever lorsqu’un adulte entre en classe, l’apprentissage par cœur de l’intégralité de la Marseillaise. Au delà de ces éléments somme toute anecdotiques, ces programmes opèrent un renversement fondamental des méthodes pédagogiques. L’école est désormais conçue comme un lieu d’apprentissage d’automatismes plutôt que comme l’outil de transmission des savoirs et de la connaissance. Ce nouveau modèle refuse aux enfants tout accompagnement adapté à leur personnalité en les considérant comme de petites machines à répéter. Or, de nombreux spécialistes de la pédagogie s’insurgent contre cette vision de l’éducation. Un mécanisme d’apprentissage automatique est difficile à reproduire dans des conditions différentes de celles dans lesquelles il a été inoculé à l’enfant. Et l’enfant sera incapable de le reconstituer de façon autonome s’il n’en a pas compris le sens, ce qui reste l’un des objectifs de l’école d’aujourd’hui.

Do you speak English ? Yes Wall Street English

Le gouvernement compte faire passer la pilule en mettant en avant des mesures bien éloignées des besoins réels et qui s’apparentent à de la pure esbroufe. Il en est ainsi de l’apprentissage de l’anglais en dernière année de maternelle. On le sait désormais, depuis l’introduction de cours de langue en école élémentaire, le niveau des jeunes n’a pas progressé. La raison en est simple puisque l’enseignement des langues est assuré sans moyens supplémentaires par un personnel enseignant dont ce n’est pas la formation première. Quant aux deux heures de soutien pédagogique aux élèves en difficulté, elles cachent mal le fait que l’ensemble des élèves perd trois heures de cours. Car le projet de la droite est bien là : réduire à une peau de chagrin le nombre d’heures obligatoires (en quarante ans, nous sommes ainsi passé de 32 heures à 24 heures, et les élèves ont ainsi perdu un an d’études en temps cumulé). Loin de nous l’idée de vouloir dire que l’école doit garder les enfants le plus de temps possible. Mais ne soyons pas ignorants de l’objectif poursuivi : celui d’une privatisation rampante de l’école publique et gratuite, bientôt réduite à une douzaine d’heures obligatoires comme au États-Unis et à une mission fondamentale : apprendre aux enfants à lire, écrire et compter. Tout le reste deviendra optionnel et bien évidemment payant.

Pierre Chamechaude (AL Paris Nord-Est)

<titre|titre=Rejetons les programmes>

Pour refuser ce projet global et organiser un mouvement massif de désobéissance civile à partir du 1er septembre, passant par un rejet des nouveaux programmes, assumé solidairement par les parents et le corps enseignant, un appel a été lancé depuis le groupe scolaire Simon Bolivar, dans le XIXe arrondissement de Paris. Une révolution bolivarienne à suivre de près et à soutenir !

En voici quelques extraits : « Nous refusons pour nos enfants une école qui serait réduite à un service minimum des apprentissages, favorisant l’autorité au détriment du respect mutuel, jouant l’obéissance contre l’intelligence.

Nous refusons pour nos élèves la réduction du nombre d’heures d’enseignement, l’accentuation des inégalités, portant en germe l’affaiblissement de l’école des savoirs et de la connaissance, seule à même de former la conscience de futurs citoyens.

A la rentrée prochaine, nous appelons l’ensemble de la communauté scolaire, enseignants, parents, élèves, à appliquer les anciens programmes en lieu et place des nouveaux. »

Cet appel est consultable et signable en ligne

 
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