Mouvement lycéen : « Notre nombre grandit à chaque fois »

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Mickaël, élève au lycée Delacroix de Drancy, vient d’être élu au comité lycéen de son lycée. Il nous livre ses impressions sur la mobilisation entre une AG et une manif.

Alternative Libertaire : Quel devrait être le rôle de l’école selon toi ?

Mickaël : À l’Éducation nationale, on forme des citoyennes et des citoyens. Si on restreint le nombre de cours, et de profs, comment voulez-vous apprendre aux élèves les principes fondamentaux de la République ? On fait des économies sur ce qui fait vivre un pays, l’école, la santé, la justice. On ne fait pas d’économie sur les frais de bouche du gouvernement. Tout ce qui fait réfléchir, ça les gène. C’est comme la philosophie, ça permet de penser, de prendre la parole sur ce qui nous entoure. On supprime les filières littéraires. La réflexion sur le bien et le mal, elle passe à la trappe, c’est irrécupérable.

Tous nos acquis sociaux seront abolis. Ils s’attaquent au droit de grève. La perte de pouvoir d’achat empêche les gens de faire grève, ils ne gagnent plus assez. Ce gouvernement veut la fin des 35 heures, des acquis sociaux, et au bout du compte, la fin de la démocratie.

Vois-tu un danger dans l’attitude du gouvernement ?

Mickaël : Oui, ça nous fait peur. Nicolas Sarkozy remet en cause la Constitution, les lois. Il veut même revenir sur la peine de mort. Il a tendance à forcer le passage, contre l’avis de toutes et tous. C’est contraire à la démocratie. Il veut concentrer entre ses mains les trois pouvoirs (législatif, exécutif, judiciaire). Il se place au-dessus de tout le monde. Il faut lui fixer des limites. La France c’est le pays des Droits de l’Homme. Une personne comme ça au pouvoir, ça fait peur.

Comment vois-tu la situation ?

Mickaël : Le gouvernement cèdera, je suis optimiste. Il dit qu’il ne cèdera pas, mais notre nombre qui grandit à chaque fois, ça fait penser à la lutte contre le CPE, et ils ont cédé. On s’est retrouvé ici 400 en AG : c’est beaucoup. Les lycéens et lycéennes nous approuvaient, ils se sont impliqués, ils nous ont suivis.

Et toi tu étais déjà politisé ?

Mickaël : Non, pas du tout. Et je ne fais partie de rien, d’aucune organisation. J’ai rejoint mes compagnons, parce que je me suis rendu compte que je suis d’accord avec eux, et je m’implique dans le mouvement. Ici, avec vous, j’ai le droit de m’exprimer. Tandis qu’avec ce gouvernement, la démocratie, où est-elle ?

Propos recueillis par France K.T. (AL Paris Nord-Est)

 
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