Antipatriarcat

Zapatiste : la traversée pour la vie et pour les femmes

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Les zapatistes finiront le 6 décembre le chapitre Europe de leur voyage. Comme annoncé dans leur communiqué de juin intitulé «  La traversée pour la vie : qu’allons-nous faire ?  », ils et elles expliquent que leur priorité est «  l’échange d’histoires, de connaissances, de sentiments, de points de vue, de défis, d’échecs et de succès.  ». Dans ce projet politique historique, la perspective de genre a une place importance.

Dans son Voyage pour la vie, qui se déroulera sur les cinq continents, l’Armée zapatiste de libération nationale (EZLN) [1] a souhaité donner une place primordiale aux femmes et aux minorités de genre. La délégation est majoritairement composée de femmes, comme une réponse aux rencontres internationales de femmes organisées au Chiapas en 2018 et 2019, mais aussi pour que les hommes zapatistes montrent qu’ils sont ce qu’ils sont « grâce à elles, pour elles, et avec elles ».

Le patriarcat est d’ailleurs un champ de bataille important  : « la violence contre les femmes  ; la persécution et le mépris des différents à cause de leur identité affective, émotionnel, sexuel » sont liées au capitalisme, bourreau « exploiteur, patriarcal, pyramidal, raciste, voleur et criminel » [2]

La première délégation européenne, L’Escadron 42, était composée de quatre femmes et une otroa (un·e personne autre). Cette otroa, Marijosé, a été choisi·e pour être le·a premièr·e à poser le pied en Europe renommée par l’Escadron 421 Slumil K’ajxemk’op (Terre insoumise). La délégation Extemporánea, arrivée en septembre à Vienne, dont faisait partie le groupe de football féminin Ixchel Ramona. La Commandante Ramona, femme tzotzil, première commandante de l’EZLN connue publiquement, a été motrice dans l’élaboration de la loi de 1993, qui a reconnu aux femmes zapatistes, entre autres, le droit de participation à la lutte politique et armée, à la santé et à l’éducation.

L’Escadron 421 et la délégation Extemporánea

La mise en avant des femmes dans le voyage a conduit de nombreuses assemblées locales à en faire autant. Fin juillet à la Zad de Notre-Dame-des-Landes s’est organisé le premier événement international en mixité choisie en Europe. Des échanges sur l’éducation, la sexualité et l’intime, les violences policières, mais aussi sur le mouvement social colombien, le Mouvement des femmes kurdes, la place des femmes dans l’auto-gouvernement au Chiapas, la lutte des femmes migrantes et les luttes féministes antiracistes en Europe. L’objectif principal des rencontres était de faire dialoguer les différents féminismes pour créer des liens et construire des réseaux.

Lors de la tournée, des groupes féminins de parole et d’écoute ont sillonné l’Europe à la rencontre de femmes et minorités de genre, pour écouter leurs histoires et raconter la leur. Les zapatistes sont venu·es nous montrer, encore une fois, l’importance de s’unir, de s’écouter et de s’organiser pour lutter contre le capitalisme et pour la vie.

Coline (UCL Grenoble)

[1Groupe révolutionnaire militarisé basé au Chiapas, l’un des états les plus pauvres du Mexique

[2« Déclaration pour la vie », EZLN, 1er janvier 2021.

 
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