Mai 1968 : une sélection de livres

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La France des années 1968

C’est un très gros volume (900 pages) qu’ont réalisé les éditions Syllepse à l’occasion de l’anniversaire de Mai. Et c’est un magnifique travail de synthèse, avec la qualité habituelle pour cette maison d’édition, sur l’ensemble des courants d’idées et des événements qui ont marqué le juste-avant ou le bien-après 1968.

Quelques morceaux au hasard : le mouvement féministe et ses tendances (féminisme radical, féminisme « lutte de classe », « Psychanalyse et politique ») ; les tendances contestataires au sein de Force ouvrière ; la révolution de 1974 au Portugal et ses promesses non tenues ; une critique politique du situationnisme ; les anarchismes, les maoïsmes, les trotskismes… Une somme passionnante.

Guillaume Davranche (AL Paris-Sud)

  • La France des années 1968, une encyclopédie de la contestation, sous la direction d’Antoine Artous, Didier Epsztajn et Patrick Silberstein, Syllepse, mai 2008, 900 pages.

68, une histoire collective

Ce petit pavé de plus de 800 pages se propose d’appréhender l’ensemble de l’évènement Mai 68 dès ses prémices, avec la fin de la guerre d’Algérie, jusqu’à l’agonie de cette contestation, avec l’élection de Mitterrand en 1981. Basés sur des travaux de recherches et l’exploitation de sources nouvelles, les 112 contributions facilement accessibles explorent une multitude de domaines : naturellement les universités et les usines, mais aussi le cinéma, le théâtre, les prisons, l’armée, la police, les immigré-e-s, les sciences, etc. Avec une dimension internationale pertinente et des aspects aussi bien culturels que politiques ou économiques, cet ouvrage doit nous permettre de mieux saisir cette période, qui dépasse largement la seule « bouffée libertaire » des deux mois du printemps 1968.

  • Philippe Artière et Michelle Zancarini-Fournel (Dir.), 68, Une Histoire collective (1962-1981), La découverte, 2008, 28 euros.

Mai-Juin 68

Au travers de 29 articles d’une douzaine de pages, des chercheurs, historien-ne-s, politologues ou sociologues explorent, dans les différents domaines, la façon dont la fin des années 1960 et le début des années 1970 marquent la crise de certaines formes d’autorités et leur traduction politique, essentiellement à gauche, mais aussi chez les gaullistes. Cet ouvrage démontre qu’on ne peut limiter l’interprétation de Mai 68 à une crise universitaire des débouchés ou à un conflit des générations, et que cette contestation a des portées suffisamment profondes pour être combattues par le pouvoir dans les périodes ultérieures.

  • Dominique Damamme, Boris Gobille, Frédérique Matonti et Bernard Pudal (dir.), Mai-Juin 68, Les éditions de l’Atelier, 2008, 27euros.

Les autres articles de ce dossier spécial :
- Pour un nouveau Mai
- 1968, révolution manquée ?
- 1968-1978 : une génération militante éclot
- Après une décennie de marasme, le mouvement anarchiste reprend pied
- Rolf Dupuy et Guy Malouvier : « Chacun de ces mots comptait : organisation ; révolutionnaire ; anarchiste »
- « Mé 67 », massacre colonial en Guadeloupe
- Carte : Huit semaines sur le fil du rasoir
- Carte : Le 10 mai, nuit des barricades
- Carte : dans le monde, 1968-1969 : années héroïques
- Jacques Baynac : De Citroën à Censier, solidarité !
- Un nouveau point de départ pour le féminisme
- Homosexualités : Le big bang des mouvements d’émancipation
- Lire : Xavier Vigna, « L’insubordination ouvrière dans les années 68 »


 
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