Antifascisme

Extrême droite et djihadisme : convergence pour la guerre civile

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Suite aux attentats de Conflans et de Nice, plusieurs membres du gouvernement, suivis par des universitaires et éditorialistes zélés, ont lancé la chasse aux «  islamo-gauchistes  ». Ainsi, militer pour l’égalité des droits et contre les discriminations reviendrait à être «  complice  » des attentats. Il existe pourtant une famille politique dont les objectifs politiques rejoignent ceux des djihadistes  : l’extrême droite.

L’enquête sur les attaques de 2015 avait révélé l’implication de Claude Hermant, figure du fascisme lillois  [1]. L’arrestation d’Abdelhakim Sefrioui dans l’enquête sur l’assassinat de Conflans met à nouveau en lumière des passerelles avec l’extrême droite. Cet islamiste radical, créateur du collectif antisémite Cheikh Yacine, auquel les antifascistes se sont opposés plusieurs fois, fut un temps actif dans les mobilisations propalestiniennes.

Sefrioui a été proche de Dieudonné, et par ce biais, en contact avec plusieurs responsables d’extrême droite, dont Frédéric Chatillon, ancien du Gud et proche de Marine Le Pen  [2]. Pourtant, les libéraux préfèrent concentrer leurs attaques sur les mouvements antiracistes, détournant l’attention sur leurs propres responsabilités dans le développement des idéologies djihadistes  [3].

La collusion entre extrême droite et djihadistes ne doit pas nous étonner tant leurs objectifs se rejoignent. Les djihadistes prônent une stratégie de la terreur basée sur l’augmentation de l’hostilité envers les musulmans et musulmanes, espérant les rallier à leur cause afin de mener une guerre sainte pour unifier la communauté musulmane mondiale contre les «  mécréants  » (incluant, dans leur idéologie, un certain nombre de musulmans jugés impies).

L’enquête sur les attentats de 2015 avait révélé qu’une figure de l’extrême droite lilloise, Claude Hermant (ici à dr., à côté de son ami Serge Ayoub), avait fourni des armes au djihadiste Amedy Coulibaly)

Cette stratégie en vue d’imposer un système politico-religieux totalitaire est aujourd’hui un échec retentissant, et les réseaux djihadistes mondiaux (Al-Qaïda et Daesh par exemple) sont affaiblis et quasiment sans soutien en Europe. Pour autant, les récentes attaques démontrent que leurs partisans conservent une capacité de terreur, aux dégâts limités mais aux effets symboliques incontestables.

C’est de ces effets que se nourrit l’extrême droite. La légitimité politique de celle-ci s’affirme davantage, se positionnant en pourfendeuse de «  l’islamisme  », dont elle se sert pour diffuser ses idées racistes. Parallèlement, ses membres se préparent plus ou moins ouvertement à la «  guerre raciale  » qu’en fait, ils cherchent à provoquer. Certains pratiquent déjà l’action violente contre les minorités et les militants politiques  [4].

Leur objectif : une lutte mortifère

Le camp antifasciste pour sa part est farouchement engagé pour l’égalité et la liberté de toutes et tous. Face au racisme nous avons raison de nous tenir aux côtés de celles et ceux qui veulent défendre leurs droits. Nous devons également continuer de dénoncer les interventions impérialistes et participer à la solidarité internationale envers celles et ceux qui luttent en première ligne et de manière concrète, que ce soit contre le projet politico-religieux djihadiste ou l’imposition du fascisme identitaire.

La Commission antifasciste

[1«  Cinq services savaient qu’Hermant vendait des armes, pourquoi ne l’ont-ils pas arrêté avant les attentats  ?  », 2 octobre 2020, Streetpress.com.

[2« À propos d’Abdelhakim Sefrioui et du collectif Cheikh Yassine », 20 octobre 2020, Lahorde.samizdat.net.

[3«  L’Occident et les djihadistes  : chroniques d’une hypocrisie  », 24 octobre 2020, Acta.zone.

[4Generation Hate, visible sur Youtube, un documentaire d’infiltration mené par un journaliste d’Al Jazeera sur Génération identitaire est éclairant sur ce point.

 
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