Culture

Lire : Collectif « Aux origines de la décroissance »

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De par sa conception, ce livre surprend. C’est le fruit d’un travail pluriel de recension d’auteur·es divers·es, autour de la thématique de la décroissance et des problématiques afférentes.

Les objectifs sont clairement assumés  : «  stimuler les réflexions actuelles des partisans de la décroissance et les autres...  » sans pour autant s’approprier l’héritage de ces penseurs et penseuses, ni «  en faire notre panthéon ni les rallier à une quelconque bannière doctrinale.  » Le choix des auteur·es référencé·es est hétéroclite  ; une succession de personnages d’horizons divers parfois contradictoires. Le livre est conçu comme un espace de rencontre, un point de départ d’échanges futurs avec tout ce que cela comporte de discordances, de contradictions.

On notera l’absence d’Élisée Reclus, qui eut davantage pu justifier d’une recension que Bernanos ou Giono. Hélas, la pensée se dilue dans la présentations de toutes ces tendances qui traversent le mouvement de la décroissance. Or, comme le rappelle Murray Bookchin  : «  ce ne sont ni l’humanité ni la société industrielle qui menacent la biosphère, mais les rapports sociaux induits par le capitalisme... les rapports de domination... parce qu’ils légitiment l’idée que l’homme doit dominer la nature.  »  [1]

Le risque encouru est que le foisonnement et la richesse des participations aboutissent à une quête individuelle essentiellement spiritualiste assortie à un besoin d’enracinement, faisant fi des remarques ci-dessus. En résumé  : un livre à parcourir et surtout à dépasser... pour ne pas sombrer dans le confusionnisme.

Dominique Sureau (UCL Angers)

  • Collectif, Aux origines de la décroissance, L’Échappée, 2020, 392 pages, 12 euros

[1Guillaume Davranche, Dix questions sur l’anarchisme, éditions Libertalia, 2020.

 
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