Antiracisme

Orientation fédérale : L’engagement de l’UCL contre l’islamophobie

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Comme la Ligue des droits de l’homme, Amnesty International, Solidaires et d’autres, l’UCL a protesté contre la dissolution du Comité contre l’islamophobie en France (CCIF) par le gouvernement, qui l’accusait d’avoir partie liée avec le djihadisme, alors qu’il s’agit d’une ONG de défense des droits garantis par la laïcité. Pour clarifier de son engagement contre l’islamophobie, la coordination fédérale de l’UCL a adopté à 90 % des mandats, en octobre 2020, cette motion de cadrage.

Alors que le gouvernement désigne le «  séparatisme religieux  » comme nouvel ennemi de l’intérieur, il est nécessaire de réaffirmer, en la clarifiant, la démarche de l’UCL dans sa lutte contre l’islamophobie.

Le Manifeste de l’UCL identifie deux sources à l’islamophobie en Occident  : d’une part la construction d’un « corps national blanc et chrétien  » ; d’autre part la persistance d’un racisme colonial.Pour l’UCL, l’islamophobie vise les personnes musulmanes ou assignées comme telles. Elle mène cette lutte sur une base antiraciste et de classe, contre la division du prolétariat par le pouvoir, pour l’égalité et pour la liberté de culte et de conscience. Un engagement nullement contradictoire avec la critique radicale des religions.

L’objectif de l’UCL n’est pas seulement de dénoncer l’islamophobie, mais bien de la faire reculer à une échelle de masse. Pour porter ce combat à une échelle de masse – que l’UCL ne saurait atteindre seule – il faut un cadre unitaire large.

Pourquoi un cadre unitaire

La marche du 10 novembre 2019 avait été impulsée par un tel cadre unitaire, avec un arc de force rassemblant largement à gauche (politiquement et syndicalement). S’y était jointe une composante confessionnelle, dont la plateforme L.E.S. Musulmans, avec des éléments conservateurs.

Cette marche du 10 novembre 2019 – qui ripostait à une vague d’islamophobie alimentée des plus hauts sommets de l’État – a marqué un tournant. Pour la première fois depuis longtemps, la gauche française a, dans son ensemble, bravé la campagne de dénigrement médiatique et affirmé son refus de la stigmatisation de la minorité musulmane. Le camp antiraciste en est sorti renforcé.

Quel périmètre politique ?

Il est nécessaire que participent à ce cadre unitaire les structures syndicales, politiques et associatives engagées dans la lutte antiraciste : CGT, Solidaires, CNT, CNT-SO, FSU… ; FA, NPA, Ensemble, EELV, PCF… ; Mrap, LDH… De surcroît, il est vital que ce cadre unitaire intègre des associations qui, bien que non confessionnelles, peuvent elles-mêmes être ciblées par l’islamophobie – CCIF, FUIQP, ATMF, FTCR, ACTIT, Acor, Comité Adama…

L’UCL cherchera en priorité à associer ces structures au cadre unitaire car, comme l’indique son Manifeste, sa solidarité va « en premier lieu aux mouvements qui, aux luttes antiracistes, associent un projet démocratique d’émancipation sociale en s’appuyant sur l’action des classes populaires  ».

L’UCL ne fera en revanche rien pour associer à ce cadre unitaire des associations conservatrices, confessionnelles ou non, institutionnelles ou non – du style CFCM, Amif, plateforme L.E.S. Musulmans. Mais, dans la mesure où elles ne défendent pas explicitement un projet intégriste, leur présence dans un cadre unitaire n’entravera pas la signature de l’UCL sur un appel commun, dès lors que celui-ci est politiquement clair, et non contradictoire avec ce que défend l’UCL.

Notre démarche militante

Le courant communiste libertaire doit s’inscrire dans les mobilisations, pas seulement les commenter de l’extérieur. C’est en étant dans un cadre qu’on le fait évoluer, et la marche du 10 novembre 2019 a prouvé qu’il était possible que cela aille dans le bon sens. Cette démarche reste celle de l’UCL. Le débat peut rester ouvert sur l’opportunité de la présence ou non de certaines structures ou personnalités dans ce cadre unitaire. Mais ce débat ne doit pas être un moyen d’affaiblir la riposte à l’offensive islamophobe.

Coordination fédérale de l’Union communiste libertaire, octobre 2020

Logo : Manifestation des familles de victimes policières, le 19 mars 2017, à Paris. cc Vincent Nakash/UCL Saint-Denis

 
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