Syndicalisme, Politique

Santé : Le bluff honteux des 183 euros « pour tout le monde »

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Il y a tant d’exclu·es de l’augmentation de salaire promise par le « Ségur de la santé » que les fédérations signataires de l’accord – FO, CFDT et Unsa – s’en mordent les doigts. Les autres continuent le combat !

La deuxième vague de Covid-19 n’a pas laissé de répit aux travailleuses et travailleurs de la santé, pour lesquels il n’y a pas eu de « trêve des confiseurs »… Mais la contestation, elle non plus, ne connaît pas de répit. On a manifesté le 3 décembre en Île-de-France, puis une journée d’action nationale a eu lieu le 15 décembre. Au cœur du mécontentement : les pauvres 183 euros d’augmentation de salaire concédés au terme du « Ségur de la santé ».

Pour mémoire, les cinq fédérations représentatives dans la fonction publique hospitalière – CGT, FO, CFDT, SUD et Unsa – avaient été invitées aux négociations au ministère de la Santé, avenue de Ségur, à Paris 7e. En fait, SUD-Santé-sociaux a claqué la porte dès que Nicole Notat (l’ex-patronne de choc de la CFDT), chargée par Macron de présider le Ségur, a annoncé qu’elle n’avait pas la main sur les moyens financiers.

En effet, la revendication centrale des personnels en lutte, portée notamment par le Collectif inter-urgences, c’est une augmentation de 300 euros. Au cours des négociations, le ministère a donné le choix : 300 euros pour les soignant·es et rien pour les autres, ou bien 183 euros « pour tout le monde ». Finalement, FO, la CFDT et l’Unsa ont signé pour ça. La CGT a rejeté l’accord après avoir consulté ses syndicats.

Restent donc deux fédérations dans la lutte : SUD et la CGT, qui n’ont pas tardé à montrer que les « 183 euros pour tout le monde » excluaient en fait plein de monde ! Le secteur médico-social – y compris quand il est dans la fonction publique hospitalière – peut ne pas être concerné. Idem pour les services à domicile ou les centres d’addictologie, dont la plupart se sont retrouvés en dehors du périmètre. Quant aux personnels en formation de promotion professionnelle, ils en sont également exclus ! Une seule bonne nouvelle : alors que le Ségur ne concernait pas le secteur social, certaines conventions collectives du social ont intégré les 183 euros d’augmentation.

Faut lire avant de signer

Résultat, les fédérations FO, CFDT et Unsa passent un peu pour des buses. À croire qu’elles n’avaient pas lu l’accord avant de signer. Paniquée, FO s’agite à présent dans ses fiefs pour intégrer les services exclus dans les « 183 euros ». Ça fait beaucoup rire les directions qui ont parfois répondu à des tracts FO en expliquant qu’elles-mêmes n’auraient jamais signé pour une telle usine à gaz. FO s’est également plainte au ministère que les gens en « promotion professionnelle » étaient exclus… et le ministère a répondu qu’il n’y pouvait plus rien, tout en reconnaissant que la situation était anormale !

Également ennuyée que les 45 euros supplémentaires qui vont être alloués aux soignants « au lit du patient » ne concernent pas les assistantes sociales par exemple, la CFDT a fait une manif de témoignage (toute seule) pour les 183 euros pour tous et toutes…

À ce stade, chaque syndicat mobilise dans ses fiefs, de façon peu coordonnée pour l’instant. Une prochaine journée d’action nationale s’organise pour le 21 janvier !

Solow (UCL Grand-Paris sud)

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