Syndicalisme

Ville de Paris : on ne bossera pas une minute de plus !

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Un jour ce sont les bibliothèques, tel autre les musées, tel autre les crèches ou les cantines scolaires… La grève, il faut que ça soit tous ensemble si on veut bloquer l’augmentation du temps de travail ! Mais pas facile de faire le lien entre les 57 000 agentes et agents de la Ville.

Depuis plus de six mois, les agentes et agents de la Ville de Paris se battent contre la Loi de transformation de la fonction publique, qui implique notamment une augmentation du temps de travail, pour atteindre les 1 607 heures par an. La mobilisation a débuté dès novembre et s’est pérennisée jusqu’en mai en s’appuyant sur une intersyndicale large, comportant tous les syndicats représentatifs sauf la CFDT. Il y avait alors une journée de grève par mois, à l’occasion des réunions du Conseil de Paris, rassemblant de plus en plus de collègues.

Mais la barre d’une mobilisation réellement massive n’a pas été franchie, sauf dans certains secteurs, sur des dates spécifiques. En tout cas jamais tous les secteurs en même temps. Telle date a impacté les bibliothèques, telle autre les musées, telle autre les crèches ou les cantines scolaires. Mais faire le lien entre les 57 000 agent·es des différents secteurs n’a guère préoccupé que le cercle restreint des militant·es. Cependant une telle mobilisation, dans la durée comme sur le nombre, ne s’était pas vue à la Ville de Paris depuis 2011 et la négociation des accords JRTT.

Accélération en mai

Poussée par quelques équipes combatives au sein de la CGT et de la FSU, et par la colère des agent·es, l’intersyndicale a appelé lundi 17 juin à « une semaine de mobilisation par la grève ». Cela a permis d’organiser par secteur des piquets, des rassemblements, des actions et de se retrouver ensemble pour une grande manifestation le jeudi.

L’appel a dynamisé une mobilisation qui peinait à s’élargir, en poussant les équipes syndicales à retourner voir les collègues. Les éboueurs et les égoutiers ont entamé une grève reconductible le lundi suivant. On peut regretter ce décalage qui aura amoindri la force de frappe. Mais l’entrée dans la bataille des salarié·es de la propreté et des eaux aura eu le mérite d’attirer vite une attention médiatique qui manquait jusqu’à présent.

La Ville de Paris, qui semblait imperturbable, a finalement annoncé un premier recul. Sur les huit jours de congé que l’on risque de perdre, trois seraient sauvés. C’est peu, mais c’est une première preuve que la mobilisation paie.

Le grand écueil, c’est la démocratie à la base, et pas seulement à cause de la crise sanitaire. Certaines bureaucraties syndicales, qui ne voulaient pas risquer de voir les revendications des salarié·es dépasser celles de l’intersyndicale, ont empêché la tenue d’AG. C’est pourtant quand les collègues « tiennent » leur mouvement, quand ils et elles décident de ses suites, que l’on peut voir se ­développer l’envie d’aller toutes et tous ensemble dans un mouvement plus dur, et un investissement de chacun·e, sans délégation totale aux représentants syndicaux.

La reconstruction de syndicats massifs à la Ville de Paris, capables d’atteindre chaque collègue sur chaque site et dotés d’un fonctionnement démocratique, est une condition sine qua non de la réussite des mouvements futurs. Ces syndicats devront organiser des AG et insuffler un autre fonctionnement dans les luttes, afin d’impliquer toutes et tous les grévistes.

Gabrielle (UCL Pantin)

 
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